Tous les livres de Yoann Demoli
À partir des données d'une enquête menée auprès d'un échantillon représentatif de la population française en 2017, ce livre analyse les dimensions sociales et politiques de la transition écologique. Il souligne la diffusion large mais inégale des préoccupations environnementales. Il montre que la prise de conscience des enjeux ne s'accompagne pas nécessairement de l'adoption de pratiques orientées vers la sobriété et la préservation de l'environnement. Quatre configurations idéal-typiques ressortent de cette articulation problématique des attitudes et des pratiques : « consumérisme assumé », « éco-consumérisme », « éco-cosmopolitisme » et « frugalité sans intention ». Cette typologie suggère la complexité des arbitrages associés aux politiques de la transition écologique, qui articulent des enjeux de justice sociale et d'efficacité environnementale. Ces arbitrages, qui mobilisent l'incitation ou la contrainte, n'opèrent pas de simples choix techniques. Ils s'inscrivent dans le cadre des fractures sociales, économiques, culturelles et territoriales qui traversent la société française et mettent en jeu des intérêts divergents qui en illustrent la dimension proprement politique.
Changement climatique, pollutions et dégradation de la biodiversité sont devenus les plus grandes menaces qui pèsent sur l’humanité, et constituent les défis parmi les plus décisifs que doivent relever les sociétés humaines. Si ces phénomènes impliquent des mécanismes biophysiques et géochimiques, ils sont la conséquence des activités humaines, des modes de production et des modes de consommation des sociétés. Face à ces changements qui interrogent la place de l’homme dans la nature, il est nécessaire de repenser conjointement les relations des hommes entre eux, des hommes aux autres vivants et des hommes aux biens matériels: c’est justement l’enjeu de la sociologie de l’environnement que de proposer des analyses qui permettent d’éclairer l’ensemble de ces relations.
Riche d’une tradition interrogeant la modernité, la sociologie permet de mieux comprendre de nombreuses dimensions des problèmes environnementaux dans des sociétés où le partage des fruits de la croissance fait place au partage du fardeau écologique: qu’ont à nous dire à leur sujet les sociologues classiques et contemporains? Comment les problèmes environnementaux se constituent-ils en enjeux sociaux? S’il n’y a qu’une terre, les sociologues ont montré que tous les hommes ne sont pas égaux face aux enjeux écologiques, dans la mesure où les inégalités face à l’environnement sont multiples, redoublant les autres formes d’inégalités sociales. La sociologie de l’environnement pose enfin des enjeux proprement politiques : forte de sa connaissance des mouvements sociaux, la sociologie éclaire tant les processus de mise à l’agenda des problèmes environnements que la construction et les effets de l’action publique environnementale.

