Tous les livres de Yoland Simon
"Chute libre" évoque la fin tragique d'un ouvrier sans emploi, retiré dans un hangar. De ce qui n'aurait pu être qu'un triste mélodrame, l'auteur fait une alchimie du langage, les mots voguant comme détachés, créant leur univers angoissant de détresse et de folie. La pièce a reçu, en 1987, le "prix radio France" de l'auteur, au festival du Jeune Théâtre de Strasbourg.
" Donner de l'importance aux petits riens - qui peuvent être des gens, des événements, des animaux, des souvenirs ou des paysages - est une grâce qui est chichement distribuée aux écrivains. L'auteur de Fichue Météo en a reçu plus que sa part.
Avec ses vertes prairies en fleur, la Normandie est une terre de couleurs et de saveurs.
Mais sa richesse suscita bien des convoitises et ses habitants, prudents, ont toujours su se méfier des puissants, des beaux parleurs et du diable aussi, pardi !
De l'impressionisme à l'odyssée transatlantique, des avant-gardes culturelles aux grandes luttes ouvrières, de la ville brûlée vive au défi architectural d'Auguste Perret, Le Havre semble condamné à réinventer sans fin un destin toujours incertain. C'est avec une tendresse, parfois amusée, que l'auteur se penche ici sur la grande cité portuaire ouverte à toutes les aventures mais souvent partagée entre nostalgie et modernité
Les récits publiés dans ce nouveau recueil montrent à nouveau le pays dans ses paysages et ses coutumes, ses rituels familiaux ou matrimoniaux, ses spécialités gastronomiques. On s’y régale d’Andouille de Vire, de congre à la matelote, de lisettes de Dieppe et de homards péchés à Omonville-la-Rogue. On y rôde dans des « caches » qui s’enfoncent au cœur de la campagne, on y longe les haies couvertes de prolifiques ronciers. Et la mer n’est jamais loin. Cernée par les hautes falaises de la côte d’Albâtre, se déchirant sur les rochers de Gréville ou découvrant la vaste plage de Cabourg chère à Marcel Proust. Car le livre rend aussi un hommage aux poètes qui aimèrent vivre ici ou s’y retirer, dans le Saint-lois de Jean Follain, le petit village de Saint-Martin, dernier refuge de Jacques Prévert.
À cette Normandie des champs, il convient d’ajouter celle des villes. Caen et cette université où se retrouvaient les étudiants de toute la région, Rouen, la prestigieuse Métropole de Haute-Normandie, Le Havre enfin où une intense activité portuaire n’exclut pas de surprenants plaisirs balnéaires.
Cependant, ces dix récits nous content les aventures et les mésaventures amoureuses des hommes… des femmes surtout. Pudiques passions qui furent celles de lointaines années empreintes de nostalgie, au temps des premières Vespa, des triomphes de Coppi, de Bobet, des Pschitt citron et des Pschitt orange dont les réclames s’affichaient aux vitres des cafés. Souffrances cachées, timides bonheurs, secrètes fêlures, Yoland Simon, dans une écriture limpide, révèle ainsi l’âme d’un pays qu’il aime et auquel il consacre ces dix récits comme un modeste hommage.
Sont convoqués, dans une vive sarabande, jeunes premiers et pères nobles, valets de comédie et clowns, amoureuses et soubrettes, sous la conduite d'un fou échappé à une cour de jadis, mais qui connaît aussi bien Musset qu'Artaud, la commedia dell'arte que le mélodrame où Margot a pleuré. Comment rêver plus subtil et plus inventif pédagogue, pour confronter les jeunes gens du temps présent aux figures immémoriales du théâtre, brassées comme dans une jeux de cartes ?

