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Extrait ajouté par coco-coraliie 2023-05-31T14:26:15+02:00

Il affiche soudain un air sérieux et concentré.

- Quoi? J'ai de la bave séchée sur la joue? Je demande avec humour, le faisant sourire.

- Je suis sûr que ça t'irait très bien, mais non. Je prends une photo mémoire.

- Une photo mémoire ?

- Oui, pour me souvenir à quel point tu étais belle le jour où je t'ai embrassé pour la première fois.

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PDV Link

Elle sort et laisse place à Roman qui entre avec les assiettes à desserts.

— Tu es complètement mordu mon pote ! s’exclame t-il en me regardant observer Kiera.

— C’est fort probable oui. Est-ce que ça t’embête de finir ? Je vais accompagner maman et Keira au groupe des mam’anges.

— Pas de problème, je vais réquisitionner Lucas et Louis. Autant leur apprendre tout de suite les bonnes manières à ceux-là !

Je ricane, m’essuie les mains et m’apprête à sortir quand il m’interpelle.

— Nous soupçonnions que Keira faisait partie des mam’anges avec Max. C’est pour ça qu’elle est dans ce fauteuil ?

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PDV Keira

— Papa ! J'ai presque trente ans !

— Et alors ? Tu es ma princesse que tu aies dix, trente ou soixante ans. Je n'ai pas été à la hauteur avec l'autre trou du cul, alors laisse-moi jouer mon rôle de père.

— D'accord mais pas la peine d'être trop méchant avec lui, Link est un ami.

— C'est ce que disait ta mère avant de succomber à mon charme. Ce garçon est loin d'être aveugle ma princesse. Il ne t'aurait pas invitée si tu ne lui plaisais pas un minimum.

— Papa a raison, intervient mon frère.

— Tu l'aurais vu à l'hôpital, un véritable lion en cage, me dit Ana avec des yeux lumineux.

— Je vous vois venir tous les deux, surtout toi ! je dis en pointant Ana du doigt.

— Quoi ? Mais je n'ai rien fait !

— Tu lis trop de romance ma vieille !

— Ça ferait un très beau sujet.

— STOP ! J'ai accepté car j'ai besoin de prendre du recul.

— Se ressourcer dans les bras d'un beau Canadien est un bonus non négligeable ma chérie.

— C'est une conspiration !

— Ose nous dire que tu ne le trouves pas craquant ! me défie Ana.

—Je ne répondrai pas à ça, mes propos seraient retournés contre moi.

— Nous voulons juste que tu sois heureuse ma chérie, temporise ma mère.

— Pourquoi aurais-je besoin d'un homme dans ma vie pour être heureuse ?

— C'est aussi ce que disait ta mère avant de se rendre compte qu'elle ne pouvait se passer de moi.

— Tu avais quelque chose qui m'étais très utile surtout !

— Oh pitié ! se lamente mon frère en avalant de travers.

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PDV Link

La première fois que j’ai vu Keira O’Brian, c’était lors de l’inauguration du salon que j’ai ouvert avec Jackson.

Je me souviens parfaitement de ce qu'elle portait, une robe à la jupe bouffante et courte, qui donnait une vue magnifique sur ses jambes de déesse. Le décolleté était sage mais non moins moulant, laissant peu de place à l'imagination.

Je me souviens aussi de ses cheveux relevés, dont les boucles châtain formaient une sorte de chignon afro.

Je me souviens finalement de ses incroyables yeux noisette, mis en valeur par un maquillage sombre mais discret et de sa bouche appétissante sublimée par un rouge à lèvres carmin tentateur.

Elle rayonnait au milieu des convives, sa personnalité pétillante illuminait la pièce.

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PDV Link

Je soupire et ma respiration se transforme en brume blanche qui semble matérialiser le courage qui m’échappe à mesure que je monte les marches du perron.

« Putain mec tu as trente deux ans !» je m’insurge alors que mon cœur menace de sortir de ma poitrine.

J’enlève mon manteau, mon écharpe et mon bonnet avec une lenteur exagérée, comme pour me préparer psychologiquement au savon que je vais recevoir, puis me dirige vers le salon.

Ma mère lève à peine un regard vers moi, marque sa page puis referme son livre doucement. Elle se lève, remonte le châle sur ses épaules puis se tourne.

— Bonne nuit Lincoln ! me dit-elle sans un mot de plus.

Si, comme un petit garçon coupable, je redoute les colères de ma mère, je redoute encore plus ses silences.

— Maman...

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PDV Keira

— Laisse-moi m’occuper de toi ma Lady, tu le mérites amplement. Et si tu veux, tu me diras pourquoi le simple fait de prendre une douche te fait pleurer.

— Ce n’est pas ça…

— Tu m’expliqueras après si tu t’en sens la force.

Il retourne à la salle de bain et j’entends la douche se mettre en marche et il revient tout en ôtant son pull et son t-shirt en même temps. Je n’ai jamais vu Link autrement qu’habillé. J’avais remarqué les tatouages sur ses avant-bras, et découvre que son bras droit en est recouvert entièrement, aucune bande de peau n’est visible.

Je me concentre donc sur ses dessins, m’empêchant de penser à ma propre semi-nudité. Son bras gauche n’est tatoué que jusqu’au coude, son ventre et ses pectoraux sont totalement vierges, dévoilant une toison brune qui descend de son nombril à cette partie cachée sous son boxer, ne cachant rien de ses fins abdominaux.

Mais je remarque alors quelque chose de brillant au niveau de son pectoral gauche. Link a son téton percé. Deux points discrets de couleur argentée de part et d’autre de son téton, certainement transpercé par une barre métallique.

Il se débarrasse de son jean et de ses chaussettes d’un même coup, me dévoilant le reste de son corps. Un énorme oiseau de feu se déploie de sa cheville, s’enroule à son mollet et finit sur sa cuisse gauche. Une véritable œuvre d’art. Sa jambe droite est elle aussi vierge de tout dessin. Je devine maintenant où se sont logés les fameux trois kilos de muscles qu’il a dit avoir pris à sa mère. Quand je vois son corps dans son ensemble, je remarque que Link est fin et musclé.

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PDV Keira

Il pleut. Il pleut autant dehors qu’il pleut dans mon cœur. Et pourtant, aucune larme ne vient se mêler à la pluie qui ruisselle sur mon visage. Je suis comme anesthésiée, vidée de toute émotion.

Aujourd’hui j’enterre mon bébé, ma petite Maïa, mort-née le vingt mai sous les coups de son père.

Et pourtant je ne pleure pas. Cela fait-il de moi un monstre ? Certainement pour ceux qui sont présents à cet éloge funèbre. Mais malgré une absence évidente de signes extérieurs de tristesse, mon cœur saigne.

Je suis blessée dans ma chair, dans mon âme. Mes blessures physiques vont cicatriser rapidement, mais les blessures de l’âme, elles, sont indélébiles.

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