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— STOP ! je crie pour les arrêter et attirer leur attention. Beth, je suis parfaitement capable de me défendre seule, merci. Ana, moi seule peut décider si je suis prête à écouter le point de vue de Jay, et pour le moment, ce n’est pas le cas. Je dois me recentrer avant de l’affronter.
Dans un sens, Beth a raison. Vous ne vous rendez pas compte de ce que c’est de se sentir mal dans sa peau. J’ai beau me montrer forte et pleine d’assurance, à l’intérieur, je suis encore cette petite fille qui se faisait disputer parce qu’elle reprenait du chocolat, ou celle qu’on dénigrait parce que les vêtements devaient être changés plus souvent. Je suis cette adolescente qui se faisait insulter pendant les pauses au lycée. Celle dont la sœur jumelle et la mère prenaient un malin plaisir à mépriser à cause de son poids.
Vous ne savez pas ce que c’est de se voir demander le poids à l’aéroport de peur que vous ne preniez trop de place, de devoir passer de travers dans les portiques des parcs d’attractions parce qu’ils ne sont pas adaptés à votre largeur, d’être regardé de travers par les autres qui se disent que vous feriez mieux de freiner sur les sucreries sans savoir que votre problème de poids est peut-être dû à autre chose.
Afficher en entier— Mais qu’est-ce que tu fais ? me demande-t-elle alors que je saute comme un gamin.
— Je teste la solidité !
— Mais tu vas péter des lattes idiot !
— Tu as raison, j’admets en m’allongeant. Il y a une manière plus agréable de tester la solidité d’un lit, ou d’en péter les lattes.
Je lui montre la place à côté de moi et hausse les sourcils de manière suggestive. Elle croise les bras sous sa poitrine, ce qui a pour effet de faire remonter ses seins.
— Trésor, tes nichons me font de l’oeil !
Elle grogne d’exaspération puis attrape un oreiller avec lequel elle me frappe.
— Tu n’es qu’un pervers !
Je lui agrippe le poignet quand elle essaie de me frapper une nouvelle fois, puis la tire vers moi et roule sur le côté droit pour la faire basculer sur le lit.
— J’adore les batailles de polochon, je murmure à son oreille avant de l’embrasser juste en-dessous.
Ses pommettes sont roses, son souffle chaud et erratique se répercute sur ma bouche et ses pupilles sont dilatées. Elle est aussi excitée que moi par notre petit jeu. Et qu’est-ce qu’elle est belle !
Sa jambe remonte doucement entre les miennes et vient frôler mon érection. Enfin un peu d’action ! Quand ma bouche glisse sur la sienne, bien décidée à la goûter, elle me donne un petit coup sec dans les testicules. Pas assez pour me castrer, mais assez pour que ce soit douloureux au point de me faire reculer.
— Putain de merde ! je dis en me tenant le paquet alors qu’elle se lève.
— Estime toi heureux que j’ai décidé de ne pas frapper plus fort ! Je déteste les enfants pleurnicheurs.
— Tu sais que quand on a un bobo, il faut un bisou magique ? je souris en faisant comme si j’allais déboutonner mon jean.
Contre toute attente, elle éclate de rire, puis sort de la chambre. Elle revient avec un sachet de légumes surgelés, et j’ai tout juste le temps de rouler sur le côté et de me lever avant qu’elle ne le balance sur mes couilles endolories. Ma pauvre queue est martyrisée avec cette jolie furie.
Afficher en entierLe spectacle prend malheureusement fin car Ruby se retourne et me voit. Elle pousse un petit cri et me lance ce qu’elle a à la main. Ma surprise rend mes réflexes pourris car je me prends un chou rempli de crème en plein sur le nez.
Je l’entends rire quand le chou glisse et tombe dans ma main, laissant une traînée de crème, et c’est un des plus beaux sons qu’il m’ait été donné d’entendre. Spontané et cristallin, quoique quelque peu rauque.
— J’aurais pu être un dangereux criminel Trésor, il va falloir revoir ta tactique de défense. Ce chou n’aurait pu me terrasser.
— Je m’appelle Ruby.
— Je le sais.
— Alors utilise mon prénom plutôt qu’un surnom de lover à deux balles ! Sauf si tu as des problèmes de mémoire. Et le chou était une diversion, mais je t’ai reconnu.
Une répartie piquante qui cache un caractère bien trempé. Très intéressant.
— Je pourrais quand même être dangereux, je lui dis en m’approchant tout en dégustant le chou.
Elle ne perd pas une miette du spectacle, comme hypnotisée par ma langue qui lèche mes doigts pleins de crème.
— Délicieuse, je murmure à quelques centimètres de son oreille.
Afficher en entier« De : Charles Martens.
A : Ruby Martens.
Objet : Enfantillages.
Ma chère fille,
Il est grand temps que tu cesses ton caprice et que tu reviennes à la raison !
Je n’ai pas payé des milliers d’euros dans des études de commerce international pour que tu fasses du zèle à un mois des examens !
Ta mère m’a raconté ce qu’il s’est passé, et même si d’ordinaire je ne prends pas part à vos querelles de cours de récréation, je dois dire qu’elle a raison. Si au moins tu faisais un peu plus attention à ce que tu manges, ta silhouette n’en pâtirait pas autant, et Richard n’aurait pas ressenti le besoin de visiter le lit de ta sœur !
Alors tu vas cesser tes enfantillages et tu rentres immédiatement. Nous sommes prêts à te payer une cure d’amaigrissement après tes partiels et avant que tu ne rentres dans le monde du travail. L’image que tu renvoies est importante et tu trouveras un emploi digne de ce nom avec une jolie silhouette.
De plus, le fils d’un ami est prêt à te rencontrer, nos deux entreprises pourraient ainsi fusionner en même temps que nos familles.
Si cependant tu tiens à persister dans cette rébellion de petite fille pourrie gâtée, sache que je me verrai dans l’obligation de te déshériter.
Ton père. »
« De : Ruby Martens.
A : Charles Martens.
Objet : Je vous emmerde.
Cher père (et c’est bien la dernière fois que je prononce ce mot),
Je vous prie de bien vouloir m’oublier, de me déshériter si cela vous chante, et de bien vouloir aller vous faire foutre avec vos millions, votre cure d’amaigrissement à la con et vos études de commerce international ! Saphira se débrouillera parfaitement pour fusionner avec le fils de votre ami, c’est un domaine dans lequel elle excelle.
Sachez que de mon côté, vous n’existez déjà plus, tous autant que vous êtes.
Celle qui fût un temps votre fille. »
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