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— Églantine ! Ça va ? Tu fais une pause ? l’interroge Françoise, surprise de la trouver assise sans même être accompagnée de son chariot de ménage.
— Oui, on va dire ça comme ça… Tu peux t’asseoir, s’il te plaît ? J’ai à te parler !
— Euh… d’accord…
— Bon, je vais directement dans le vif du sujet : je sais tout ! Pourquoi tu m’infliges ça ? Je t’ai fait quoi, en fait ?
— Mais de quoi tu parles, Églantine ? Et déjà, tu baisses d’un ton !
Les deux femmes sont face autour de la table.
— Je n’ai pas le temps de jouer à ton petit jeu ! Maintenant, tu vas me dire pourquoi tu me nuis comme ça. Sinon, je te jure que je me casse tout de suite et je vais porter plainte direct !
— Attends, il y a vraiment erreur sur la personne. Explique-moi depuis le début, s’il te plaît, Églantine, lui répond Françoise d’un ton très calme, en voyant l’état dans lequel est la jeune femme.
L’aide-soignante perçoit de la peur dans les yeux d’Églantine.
— Tu es effrayée, je le vois ! Donc, explique-moi ce qu’il se passe.
— Je sais que c’est toi qui as piraté mon portable et t’amuses à ruiner ma vie !
— Mais pas du tout ! Et d’ailleurs, même si je voulais le faire, j’en serais incapable ! Piraté, tu dis ?
— Arrête de m’embrouiller !
Églantine lui raconte en détail les disputes avec sa meilleure amie, sa sœur et son frère. En observant les expressions de Françoise, elle commence à vraiment douter. « Mais pourtant, ça ne peut être qu’elle », se convainc la jeune femme.
— Écoute, ta famille ne te croit vraiment pas quand tu jures ton innocence, n’est-ce pas ?
— Oui !
— Alors tu peux me comprendre, dans ce cas ! Car j’y suis pour rien ! Je te le jure sur mon fils !
— Comment veux-tu que je te croie ?! Tout t’accuse ! Il n’y a que toi qui as une raison de me faire peur, pour que je garde le silence au sujet des secrets que tu m’as racontés sur la cousine de Corinne. Si ça se trouve, c’est quelqu’un de ta famille à toi, et non la sienne ! Et toi seule peux accéder à mon portable ! Tu sais que parfois, je le laisse dans les vestiaires…
— Ok, c’est vrai, ça se tient ! Mais ce n’est pas la vérité, tu es même très loin du compte…
— Tu veux que je rentre dans ton jeu ? Ok, pas de problème ! Mais je te préviens, n’essaie plus de me nuire à nouveau ou de faire du mal à ceux que j’aime ! Sinon, tu risques de le regretter fortement !
Églantine se lève et s’apprête à quitter la pièce, mais avant de partir, elle lui glisse une dernière phrase :
— Tu sais, je suis au courant pour Élisa… je suis en contact avec sa grande sœur, Manon.
— Élisa ? répète Françoise d’une petite voix qui cache peu son émotion.
— Oui, ta collègue, avant qu’elle se fasse assassiner sur le parking !
— Ne dis pas ça, s’il te plaît ! répond Françoise en fermant les yeux, comme si elle voulait oublier quelque chose.
— J’ai touché une corde sensible, on dirait ?
— Tais-toi !
Françoise se lève d’un coup, ce qui fait tomber sa chaise en arrière.
— Tu crois que tu me fais peur ? Je te préviens juste que si tu n’arrêtes pas de me faire chier, je porterai plainte contre toi et je ferai en sorte qu’on rouvre le dossier du suicide un peu étrange d’Élisa !
— Pourquoi tu es si méchante ? Tu semblais être une gentille femme…
— Moi, je suis méchante ? Tu fous ma vie en l’air ! Pour quelle raison ? Je ne sais même pas !
— En fait, tu es morte de peur et tu veux te persuader que c’est moi qui suis responsable de toutes les choses qui t’empêchent de dormir.
— Peut-être… Mais je ne vois pas qui d’autre pourrait me vouloir du mal…
— Mais si tu savais, ma pauvre ! Depuis que tu as mis les pieds ici, je n’ai fait que te protéger !
— Comment ça ? questionne Églantine, intriguée, en se rasseyant face à Françoise qui fait de même.
— Tu peux m’accuser de tout, si ça te chante ! Mais je te protégerai jusqu’au bout. Je ne referai pas la même erreur qu’avec Élisa ! Si tu veux que tout s’arrête, démissionne et ne reviens jamais ici ! Même pour signer des papiers, ne reviens plus jamais ! Ne donne pas de nouvelles non plus. Le mieux serait que tu m’utilises comme excuse. Il faut inventer une dispute entre nous, tu prétendras que travailler avec moi t’insupporte. Tu sais, c’est moi qui ai causé l’inondation pendant les fêtes de fin d’année !
— Comment ça ?
— Je devais être en vacances une semaine, et Corinne était censée me remplacer. Et vu comme tu es curieuse, je sais que tu aurais fini par lui poser des questions… Du coup, j’ai cassé la tuyauterie pour que les travaux soient assez dérangeants et que tu puisses être mise à l’écart, du moins pendant mes vacances…
— Pourquoi Corinne ? Elle est si dangereuse que ça ? Si ce que tu dis est vrai, je t’en remercie.
— Oui, elle l’est ! Et Monsieur Covit aussi ! C’est pour ça qu’il faut que tu t’en ailles avant qu’il ne soit trop tard.
— Mais pourquoi je ferais ça ? Je n’aurais plus de travail après, et il est hors de question que je reparte vivre chez mes parents !
— Tu es jeune, tu en retrouveras ! Là, tu risques ta vie ! Ne reste pas, s’il te plaît… Je pensais avoir réussi à te préserver de tout ça, mais il faut croire qu’ils savent et que désormais, ils veulent ta peau.
— Mais arrête, tu me fous la trouille, là ! Qui veut ma peau ?
— Je ne peux rien te dire ; moins tu en sais, plus tu es en sécurité…
— Je ne peux pas partir comme ça ! Et dans ce cas-là, toi aussi tu devrais fuir !
— Pour moi, c’est trop tard, je suis au courant de tout ! Je suis dans le coup depuis le début ! Je fais partie du secret.
— C’est toi qui as tué Élisa ? demande Églantine, terrifiée.
— Non. Pas moi…
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