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J’ai admiré la justesse et la musicalité de Comme un rêve de Nathalie Desoil. Sa vision du réel, si lucide et sensible, m’a profondément marquée. Deux ans après un accident ferroviaire, Robert et Dorothy partent en France pour se reconstruire. Leur voyage est itinérant, riche en étapes – de Nice à Tours, d’Avignon à Chambord – et chaque lieu devient une échappée vers la beauté, la mémoire et l’art. L’autrice en capte la sensualité du détail : « Le parfum du jasmin nous suit partout… » Tout semble renaître sous la lumière du sud, dans une écriture sensible et visuelle.
Mais cette clarté n’est qu’un prélude. Ainsi, le voyage agit comme un prologue sensoriel et symbolique, un espace suspendu avant la chute dans la routine et l’absurde social. De retour en Angleterre, Robert retrouve la froideur du monde du travail, la direction cynique, la désillusion, la vie grise : « Je quitte la salle de réunion la mort dans l’âme : ils ont réussi à plomber ma journée. » Cette scène, où il comprend qu’il devra remplacer sa cheffe sans aucune reconnaissance, illustre toute la violence feutrée du monde professionnel.
Le contraste entre la lumière française et la grisaille britannique donne au récit sa tension. Chez Nathalie Desoil, la musique n’est jamais un simple décor : elle accompagne les métamorphoses du récit. Métaphore du rythme intérieur des personnages, elle oppose la liberté créatrice à la soumission sociale, l’intime à la mécanique du monde. Son style, élégant et fluide, mêle observation, émotion et lucidité. J’ai aimé cette écriture à la fois poétique et critique, capable de transformer une simple journée de travail en méditation sur la fragilité du rêve.
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