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Pour avoir déjà goûté une fois à la plume de Luce, je m’attendais à une claque… et je n’ai pas été déçue.
Invictus, c’est le livre à ne surtout pas ouvrir si vous n’avez le temps de lire qu’un seul chapitre… parce que dix chapitres plus tard, vous serez toujours incapable de le refermer, tant le besoin de savoir, de comprendre, devient parfois viscéral.
J’ai refermé ce livre avec le sourire aux lèvres et la boule au ventre.
Il commence comme un affrontement : des convictions, du ressentiment, un homme jugé irrécupérable (« Satan »), une héroïne pétrie de certitudes.
Et puis il fait quelque chose de magnifique : il déplace tout, « un saut en parachute sans parachute ».
Il fissure les évidences.
Il retourne les jugements.
Il oblige, comme Lou, à regarder autrement, à accueillir les différences, à autoriser les cœurs à s’exprimer.
Ce à quoi je ne m’attendais pas autant, c’est la profondeur et la justesse de ce texte.
Sous les piques, l’humour irrévérencieux, la tension et cette alchimie presque inexplicable entre Lou et Mahé, se cache un roman profond sur la culpabilité, le deuil, et ces blessures que l’on habite si longtemps qu’elles finissent par devenir une identité.
Et c’est cette coexistence des contraires qui le rend si fort.
Il fait rire.
Il fait vibrer.
Et parfois, il brise.
Lou est ce genre d’héroïne qui “vit en mode on verra sur place, mais avec l’adresse pré-enregistrée”. Elle m’a autant attendrie qu’elle m’a donné envie de la secouer. Voire de l’insulter carrément.
Et Mahé… mon Dieu, Mahé. Cet homme solaire et profondément bienveillant m’a bouleversée.
Parce qu’il est de ceux qu’on croit comprendre trop vite. De ceux dont la lumière cache des gouffres, mais qui avancent, debout bien que blessés.
Ce roman réussit quelque chose de rare : il ne fabrique pas des personnages idéaux. Il les rend profondément humains.
Contradictoires.
Lâches parfois.
Sublimes aussi.
Et c’est ce qui m’a emportée.
Je n’en dirai pas plus, parce que ce livre mérite d’être découvert sans qu’on lui vole ses secrets.
Mais je dirai ceci : préparez-vous à lire bien davantage qu’une « simple » romance.
Une histoire d’amour, oui.
Mais aussi une histoire de survie.
De pardon.
Et de ce qu’il faut parfois traverser pour mériter enfin le droit d’être heureux.
Juste parce que c’est nous, juste encore, juste toujours.
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