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Extrait ajouté par bole12 2025-02-13T14:09:30+01:00

– Suis-je donc ici, et pour vous, une étrangère ? dit-elle d’une voix émue.

– Non, mon Alphée ; non, tu n’es pas une étrangère (et Berthe jeta ses bras autour du cou de sa belle-sœur) ; mais pardonne Eugène, il ne sait pas comme moi que tu es aussi bonne que belle.

– Belle ! répéta Eugène, hochant la tête ; elle était bien belle aussi, celle dont je vais vous entretenir. La beauté est souvent un bien funeste présent du ciel.

– C’est un reproche que l’on ne peut m’adresser, dit Berthe en souriant.

Eugène continua : – Et aussi une arme bien dangereuse chez une coquette.

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Extrait ajouté par bole12 2025-02-13T14:07:50+01:00

– Eugène, vous m’avez trompée !

– Trompée ! Madame.

– Oui. Je ne voulais pas vous épouser, je savais que j’étais laide, qu’on ne pouvait m’aimer ; je savais tout cela, je me rendais justice ; je voulais vivre seule, isolée, passer ma vie sans désirs, mais aussi sans regrets ; et vous êtes venu, vous, et je vous ai aimé, et je n’ai plus eu qu’une volonté, la vôtre. Mais vous, vous ne m’aimiez pas ! pourquoi êtes-vous venu me chercher, pourquoi me sortir de mon état, de mon obscurité, pourquoi lever un coin du voile qui recèle le bonheur, me le montrer, ce bonheur, me faire voir le ciel, car mon ciel à moi, le ciel de Berthe, c’était toi, Eugène ! dites, Monsieur, pourquoi tout cela ? puisque vous avez de l’antipathie pour moi !

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Extrait ajouté par bole12 2025-02-13T14:06:25+01:00

– Il s’en est allé ! disait-elle, et plus vite qu’il n’est venu ! Mon Dieu ! mon Dieu ! ne serai-je donc jamais aimée ! jamais ! et pourtant, j’aimerais tant, moi ! Oh ! je sens qu’il y a dans mon sein une puissance d’amour extraordinaire ! c’est une force inconnue qui remplit ma poitrine, qui absorbe mon être, c’est quelque chose que je ne puis définir, mais qui m’étouffe, faute de ne pouvoir s’exhaler au dehors. Mon Dieu ! que je suis à plaindre ! et c’est ma laideur, ma laideur ! qui causera ma mort ; car je ne puis vivre ainsi, je le sens ; je souffre le martyre, je me sens mourir à chaque instant du jour ; il n’est plus pour moi de repos, de bonheur, si ce n’est dans la tombe. Oh ! mon Dieu ! ayez pitié de moi !

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