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- On a vu que tu continues à faire tes « autoroutes à chats », commenta Marcel, en parlant des traces creusées dans la neige tout autour de la maison.
- Bien obligé ! Je creuse là où ils passent quand il n’y a pas de neige. La principale artère mène au composte. En plein hiver, c’est un axe majeur pour les matous. Les autres servent surtout à Chipie et à mon vieux Pitchou. C’est un fainéant ce dernier, moins il se mouille les pattes mieux il se porte.
Afficher en entierLes supporters Stéphanois, pour soutenir au mieux leurs joueurs, allumèrent pétards et fumigènes. Cette décision envenima sérieusement les relations avec la police locale.
Afficher en entierA Saint-Etienne, j’ai toujours vu de la neige sur les hauteurs fin novembre. Ceux qui disent le contraire ne font que « barjasser »
Afficher en entierLucien regardait les gens autour de la baraque à frites. Les têtes lui étaient familières. Certaines appartenaient aux noyaux des groupes, d’autres étaient des électrons libres. L’attente était sympa. Il faisait froid mais personne ne s’en plaignait. Quelques chants anti-lyonnais raisonnaient. Le ronflement de l’hélicoptère était en fond sonore.
Afficher en entierLe derby, selon Marcel, c’était comme entrer en religion. Il fallait un certain temps d’adaptation. Il y avait des étapes à franchir.
Afficher en entierLe jour J était enfin arrivé. L’OL venait à Sainté. Les « quenelles » débarquaient en Forez. La semaine d’attente avait été longue pour tous. Un derby restait toujours un moment particulier même si Sainté ne brillait plus depuis 1994. L’Olympique Lyonnais demeurait le club le plus détesté à Saint-Etienne. Depuis qu’Aulas en était le président, la rivalité n’avait fait que grandir.
Afficher en entierC’était l’effet « Kiss cool » de la bière. Les deux cousins regardèrent Léo se diriger vers les WC. De leur tabouret, ils auraient pu croire qu’il allait rater la porte. Mais au dernier moment, il rectifia sa trajectoire, s’agrippa à la poignée en balançant un coup de pied sur le bas du montant en bois, puis réussit sa mission : se rendre aux toilettes.
Afficher en entierUn peu comme le soma, consommé d’une façon thérapeutique par les personnages du roman d’anticipation Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley, la musique permettait à Lucien de s’échapper de la réalité. C’était un moyen simple de garder une certaine distance avec la société. Depuis longtemps, il avait fait siennes les paroles de la chanson Oi and Ska du groupe de rock Molodoï : « Cockney ou Cock Sparrer, ces instants de bonheur, que tu t’es même tatoué, c’est ton identité. La musique et la danse, c’est ton histoire à toi. Ça vaut l’histoire de France. On ne se refait pas. Oi and Ska. Ska and Oi. Depuis que tu es né, tu as toujours traîné, tu as ça dans le sang. Ça coule comme un torrent. »
Afficher en entierLe repas se termina tranquillement et Lucien embrassa son père avant de rentrer chez lui. Bien décidé à ne pas subir les bouchons si fréquents à partir de 16 heures, il décida de partir. Il reprit la direction de Sainté, passa sous le tunnel de la Terrasse pour laisser à sa droite le stade Geoffroy Guichard surmonté d’une immense grue. Le trafic était fluide et il ne mit qu’une petite heure pour rejoindre Brignais en passant par les « montagnes russes ». Délaissant son CD de Dropkick Murphys, il mit France Info pour prendre l’actualité. Il n’écoutait presque jamais les radios d’informations, regardait rarement les journaux télévisés et lisait peu la presse écrite, de ce fait il était souvent largué lorsqu’un collègue l’interpellait sur un événement. Pour sa défense, il expliquait qu’il n’appréciait pas les journalistes et qu’il se foutait royalement ce qu’ils pouvaient bien dire. Il ne leur faisait pas confiance. A son sens, écouter ces guignols, ce n’était qu’une perte de temps.
Afficher en entierLucien était un habitué du Kop Nord. Il avait presque grandi dans le stade. Ses premiers pas, il les avait faits à Geoffroy Guichard. Sa première bière, il l’avait bue à côté de Geoffroy Guichard. Sa première cuite, ce fut derrière le Kop Nord. Son premier baiser, il l’avait donné à Geoffroy Guichard. Pour sa première baston, idem et pour son premier œil au beurre noir il l’avait aussi reçu en ce lieu. Il s’en rappelait bien. Il le devait à un Parisien, un de ces indépendants que tout le monde aimait détester mais que Lucien respectait parce qu’il savait qu’ils étaient toujours là, fidèles, prêts à se battre pour leurs couleurs. Il avait l’impression que tout ce qui avait profondément marqué sa vie s’était passé à Geoffroy Guichard ! Il était tombé dans le Chaudron un peu avant que les ultras ne s’y installent.
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