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« Je ne connais rien ou pas grand-chose – la montée du soufflé au fromage, le super tirage de la Saint-Valentin, un week-end chez des gens qu’on ne connaît pas – de plus hasardeux qu’une rencontre Minitel. Des rendez-vous j’en ai eu des tas : je pourrais remplir un camion à benne entier de filles, un peu de garçons, approchés de cette façon.
Au début je faisais du Minitel par ennui, sans autre ambition que de faire beaucoup de rencontres, puisque j’allais sur des réseaux hétérosexuels. Les hommes, ceux que j’ai rencontrés, étaient bruns, chauves ou gras – j’imagine que c’est une pure coïncidence, rien dans les gènes des gras, des chauves ou des bruns ne les prédispose plus au vice que les blondinets fluets qui croulent sous les cheveux –, ils étaient cadres moyens et salement névrosés ; les femmes étaient blondes, brunes ou rousses – chez elles le vice frappe en aveugle –, salopes, employées de bureau et vénales.
Le point commun à tous était la baise, aussi j’ai très rapidement arrêté les serveurs hétéros et me suis focalisée sur des réseaux de lesbiennes.
Du jour où je suis allée à la poste chercher un Minitel, j’étais en permanence scotchée dessus.
Sauf si je travaillais ou dormais.
Ou faisais des rencontres. » (Pages 8 et 9)
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