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Ils ne craignaient rien, sauf ce que leur père leur disait qu'ils devaient craindre, et au premier rang venaient naturellement les vipères. Libres comme l'air, respirant la santé, curieux de tout avec leurs grands yeux de chiots joyeux, ils n'auraient su que faire privés un seul instant de la compagnie de leur père. Mais si celui-ci les prévenait qu'il allait s'absenter, les enfants étaient contents de jouer entre eux. De même que lors de leurs longues excursions en forêt ou sur la rivière, si Subercasaux devait s'éloigner quelques minutes ou quelques heures, les gamins improvisaient un jeu et attendaient indéfectiblement leur père au même endroit, payant ainsi, par leur aveugle et heureuse obéissance, la confiance qu'il avait placée en eux.
Il leur arrivait de partir seuls à cheval, et cela depuis que le petit garçon avait quatre ans. Ils connaissaient parfaitement - comme tout enfant libre -, la limite de leurs forces et n'allaient jamais au-delà. Ils atteignaient parfois la falaise de grès rose du Yabebiri.
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