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"Le Martin-Pêcheur" constitue la troisième partie du cycle romanesque des Alérac: après "Bois-Mort" et "Le Cavalier de Paille" et avant "L'Arrosoir Rouge". Nous sommes ici au cœur de l'œuvre de Monique Saint-Hélier et "Le Martin-Pêcheur", à plusieurs titres, apparaît comme le moment clé à partir duquel la vision du monde, la perspective esthétique et plus généralement une philosophie qui s'apparente le plus souvent à une mystique, se font jour, éclairant l'ensemble de l'œuvre.
"Le Martin-Pêcheur", en effet, après l'exposition de la trame et de la thématique dans "Bois-Mort", notamment, fait éclater le récit. Comme si le temps se figeait, comme si plus rien de fondamental ne pouvait avancer. Certes, l'action continue de se développer, mais les souvenirs, la mort, pour la première fois ici omniprésente, grignotent la vie. Il en résulte un livre éclaté où le présent apparaît comme la tension douloureusement écartelante entre un avenir sans cesse repoussé et un passé qui n'en finit pas d'exister dans les têtes. En dépit des références multiples aux deux précédents romans, on peut, assez curieusement, comprendre ce qui se passe et goûter à cette difficulté d'être, comme la saveur des saisons ou la réconciliation, qui représente tout l'art de Monique Saint-Hélier de raconter la vie, les amours et les ambitions, la peur et la mort de ses personnages.
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