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Nous reviendrons corps de cendres ou rosiers
Avec l’œil cet animal charmant
O colombe
Près des puits de bronze où de lointains
Soleils sont couchés
Puis nous reprendrons notre courbe et nos pas
Sous les fontaines sans eau de la lune
O colombe
Là où les grandes solitudes mangent la pierre
Les nuits et les jours perdent leurs ombres par milliers
Le temps est innocent des choses
O colombe
Tout passe comme si j'étais l'oiseau immobile
Afficher en entierIl y a des jardins qui n'ont plus de pays
Et qui sont seuls avec l'eau
Des colombes les traversent bleues et sans nids
Mais la lune est un cristal de bonheur
Et l'enfant se souvient d'un grand désordre clair
Afficher en entierLes arbres qui ne voyagent que par leur bruit...
Afficher en entierElle marchait dans un verger
De douces syllabes tombaient des arbres
L'air n'avait plus de couleur
C'est la naissance du soir
La première fraîcheur des nids
Rêvait un peu la jeune fille
En regardant autour d'elle
Maintenant la nuit se répète à l'infini
Les arbres se cachent dans leurs feuilles
Et le silence arrive de loin
Afficher en entierIl faut rêver aux oiseaux qui voyagent
Entre le jour et la nuit comme une trace
Lorsque le soleil s’éloigne dans les arbres
Et fait de leurs feuillages une autre prairie
Afficher en entierIII
À Jean-Claude Morin
Sous le soleil violet du temps passé
Dans le voyage des feuilles mortes
Il était une fois un jardin sans fleurs
Personne n'y venait
Ni l'écho ni les âmes
À part quelques chasseurs fatigués par leur âge
Qui traversaient par là
IV
Comme un enfant d'autrefois dont le cri se perd
Dans un verger de pommes blanches
Quand la lune couvre tout de son amour
Je revois dans un miroir désert
Mes souvenirs avec des cannes blanches
Et je ne sais pas qui d'eux ou bien de moi
Est le plus à plaindre
Tellement les années sont cruelles
Lune légère ô miroir d'absence
Afficher en entierLe nageur d'un seul amour
XV
Au lever du jour
Les pigeons articulaient leurs pas
Dans la cour
La pluie tombait
Semant ses graines d'eau
Sur les pavés
Afficher en entierDans la cage d'un oiseau il y a un jardin de tristesse
Et toute la mélancolie d'une maison
Les ailes sont des feuilles vertes
Dans le jour frugal et cassé
Comme des miettes
Je me souviens pauvre écolier
A la fenêtre
Afficher en entierCe n'est pas des mots pour rien ce poème
Ce n'est pas un chant pour rien cette mélancolie
Voici l'automne et ses froides étoiles
Il reste assez de vent pour s'enfuir
L'oiseau d'Afrique demande l'heure
Mais la mer est loin comme un voyage
Et les pays se perdent dans les pays
Écoute à travers les ramures
Le bruit doré d'un arbre qui meurt
Afficher en entierIls ne savent pas qu’ils ne vont plus revoir
Les vergers d’exil et les plages familières
Les étoiles qui voyagent avec des jambes de sel
Quand la nuit est triste de plusieurs beautés
Ils oublient qu’ils ne vont plus entendre
Le vent de la grille et le chien des images
L’eau qui dort sous la couleur des pierres
La nuit avec des violons de pluie
Tant de magie pour rien
Si ce n’était ce souvenir d’un autre monde
Avec des oiseaux de chair dans la prairie
Avec des montagnes comme des granges
Ô mon enfance ô ma folie
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