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Janvier 1067 Ouest de l’Angleterre
— J’espère que vous m’attendrez lorsque je serai revenu de Londres. J’aurai enfin l’ordonnance du roi et je vous promets qu’à mon retour, je ferai de vous ma femme.
Il disait cela comme si elle l’attendait depuis des années mais contre toute attente Madeline espérait que ce soit le plus tard possible, voir jamais. Elle détestait cet être abject qui n’avait créé que le chaos autour de lui. Lors de la prise du fief Fordcross House, Christian de Crauville avait tué la moitié de ses archers et fantassins, et rien que sur le champ de bataille mais lorsqu’il était entré dans le château, il avait égorgé d’un seul coup d’épée, ceux qui ne se liaient pas à sa cause laquelle était, de le servir. Elle l’avait détesté dès qu’elle l’avait vu. Elle l’avait haït lorsqu’il avait embroché son père qui refusait de lui porter allégeance, d’un seul coup de poignard, devant les yeux terrifiés de Madeline, impuissante.
Elle se rappelait la discussion houleuse de l’avant journée de son départ. Ils s’étaient retrouvés dans sa chambre, malgré la bienséance qui interdisait à Christian de s’introduire dans ses quartiers sans y être invité. Elle lui demanda alors qu’il s’apprêtait à mettre ses gants noirs en cuir véritable :
— Pourquoi vouloir dévaliser mon fief et dépouiller ses gens qui vous ont servi durant tout votre séjour ?
— Parce – que je le veux, voilà tout !
— Avez – vous si peu d’argent que vous deviez abuser de ces personnes sans le sou… ?
Elle n’eut pas le loisir de finir sa phrase que le poing de Christian rencontra la pommette de Madeline qui s’étala près du lit dans un bruit sourd…. Elle vit des points blancs danser devant ses yeux et resta choquée quelques instants. Il avait frappé avec une telle violence qu’elle eut à peine la force de se retenir aux draps qui lui glissaient entre les mains.
La douleur sur sa pommette était intense. Elle tenta de se relever et Christian l’aida indirectement. Il mit sa main autour du cou de Madeline qui surprise et effrayée, poussa un hoquet de stupeur. Elle sentit de plus en plus la pression que ses doigts exerçaient autour de sa gorge. Mais il s’arrêta assez pour ne pas marquer ce joli cou si gracile. Elle voulut lui échapper mais ses tentatives incitaient Christian à serrer encore plus fort.
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