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Surgies grâce au monde industriel-mais aussi contre lui- les vacances occupent dans notre vie une fonction ambiguë: oasis rêvée de toutes les satisfactions , elles sont en réalité aliénées (parce que enfermées dans le système en place) et aliénantes (parce que vécues massivement et passivement). Ici comme ailleurs, le phénomène de l'hyperorganisation collective menace de toutes parts l'individu dans ses spontanéités et sa liberté.
Les clubs de vacances, pourtant, font miroiter l'utopie "rousseauiste" d'une solution-miracle. Or, l'analyse de la littérature publicitaire du principal d'entre eux met en évidence une image des vacances dont la mythologie euphorisante semble déboucher sur un piège pour consommateurs trop bien sécurisés, même si l'on rencontre parfois des G.M heureux. D'où vient donc ce décalage ? Pareille expérience revèle en l'homme de la civilisation industrielle une sorte de "primate" mû par le principe de plaisir, et montre la nécessité d'organiser les vacances dans des perspectives radicalement différentes: le deuxième stade de la révolution vacancière, celui d'un tourisme social débarrassé de ses trop bonnes intentions, devra imaginer d'autres normes, se refusant désormais à censurer le désir. Mais n'est-ce pas, en fin de compte, par la redécouverte individuelle du désir que les vacances deviendront vraiment une aventure libératrice ?
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