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–J’ai lu que beaucoup d’individus n’étaient pas d’accord avec le procédé de fusion au départ.
–C’est exact. Au début de cette campagne, cette idée était loin de faire l’unanimité. Elle représentait un grand changement dans les modes de vie de l’époque car le processus de reproduction naturelle allait être éradiqué. Mais, objectivement, il fallait se rendre à l’évidence, le taux d’obtention de grossesse chutait d’années en années et aurait pu aboutir à l’extinction humaine si rien n’avait été fait. Et deux nouvelles techniques vinrent convaincre les plus réticents. La première fut le séquençage des cellules-œufs. Le séquençage qui, en simplifiant, « lit » l’ADN, n’était pas une nouveauté. En revanche, pouvoir l’effectuer sur l’embryon en retardant sa première division en était une. Ceci a permis de trouver des gènes responsables de maladies ou de malformations graves à un stade où l’élimination de cette cellule était plus facilement acceptée par les parents qu’à un stade de développement plus tardif. La seconde fut le développement fœtal in vitro permettant de contrôler tous les stades de formation. Pendant longtemps, l’utérus artificiel relevait de la science-fiction et les essais n’étaient pas toujours concluants mais des scientifiques réussirent cette création. Les êtres humains comprirent alors que la technique de fusion enrayait les maladies génétiques, les maladies sexuellement transmissibles, les malformations, la mortalité infantile et celle liée à l’accouchement. Elle permettait de maîtriser totalement le nombre d’individus sur Terre grâce à une logistique que les Ligneurs gèrent aujourd’hui. Les bénéfices étaient donc largement supérieurs à l’unique crainte d’un changement dans les habitudes de reproduction. Cette prise de conscience fut concomitante avec la création de l’État, et la disparition des différents pays fut effective avec l’arrivée des déplacements individuels à grande vitesse. Des noms furent donnés aux différentes lignées qui sont celles d’aujourd’hui.
–Avant la fusion, le développement d’un enfant nécessitait neuf mois. Comment se fait-il actuellement que cinq mois suffisent ?
–Dans l’utérus artificiel, l’embryon baigne dans un liquide optimisé pour sa croissance. Il contient tous les éléments nécessaires à l’activation des gènes du développement. Cette nouvelle technique a donc diminué de trois mois la formation d’un petit être humain.
–Y a-t-il des problèmes de malformation dans l’utérus artificiel ?
–Non, aucun, puisqu’on sait activer les gènes du développement au bon moment. Si une anomalie est détectée, grâce notamment à la transparence du système, nous avons une batterie de solutions pouvant y pallier.
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