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Ce qui m’a toujours étonné c’est cette dureté qu’ont les femmes envers d’autres femmes. Les belles-mères ou les belles-sœurs, quand elles ont l’occasion d’avilir leurs belles-filles ou les épouses de leurs frères, elles deviennent pires que les hommes. Tout se passe comme si elles se vengeaient sur celles-ci de ce qu’elles subissent par ailleurs.
Afficher en entierÀ l’entrée de ma maison, dans ce bourg près de Namur, j’ai accroché un grand masque Kuba en bois noir cerclé des franges de raphia. Tous les visiteurs en entrant l’admirent, sauf la plupart d’Africains : « Pourquoi tu laisses une chose aussi hideuse à l’entrée ? S’étonnent-ils presque sans exception.
C’est comme un truc de féticheur et elle casse l’harmonie de ton salon ». Voilà donc l’Africain ! La fascination qu’il a pour l’Occident lui fait renier ce qu’il a comme valeurs. Il apprécie rarement ce qui vient de chez lui. Sans doute que ça remue en lui toute cette partie de l’Afrique à laquelle il aimerait garder le dos tourné ; cette partie de lui-même contre laquelle il est en cabale comme un enfant qui cherche à fuir son ombre. Pourtant c’est bien celle-là qu’il doit avoir le courage de regarder en face, qu’il est tenu de regarder, de repenser et de remodeler s’il veut s’en sortir. L’Africain est obligé de renégocier ses rapports avec ses ancêtres s’il veut avancer. Ceux-ci le tiennent trop fortement prisonnier. Continuer à singer les autres pour rompre ce lien ne restera que du rafistolage. Il doit tout reconstruire à partir de la base.
Afficher en entierVous ne devriez pas continuer à prononcer ce ‘’nous sommes en Afrique’’ comme si son sens était ‘’nous sommes prisonniers de l’Afrique’’. Soyez plutôt des façonneurs de l’Afrique. Vous devez façonner l’Afrique et non la subir. N’est-ce pas chez vous qu’un proverbe dit : Us d’antan ne sont pas us d’aujourd’hui ? Vous devez être ceux qui changent les us et habitudes pour le bien de tous.
Afficher en entierEncore de ces jalousies, ces tiraillements ridicules qui enveniment la vie en Afrique. Je suis toujours écœurée d’entendre chanter partout la solidarité africaine. Des balivernes. Ce qu’on appelle solidarité en Afrique n’est pas un choix, en tout cas pour une grande part ; c’est une diabolique contrainte qui entrave tout transport joyeux de l’individu ; c’est une lamentable reptation, une interdépendance paralysante où on rencontre rarement un élan de véritable générosité. Les gens s’accrochent les uns aux autres comme des lianes étouffantes.
Et on donne pour être en règle avec la communauté, pour ne pas attirer le courroux des aïeux ; on offre par devoir envers la tradition. Et le comble est que celui qui reçoit n’est que rarement satisfait car se considérant dans son droit. La société traditionnelle est assise sur une hiérarchisation où les parents et les aînés ont un pouvoir teinté de mysticisme qui leur donne un ascendant sur les enfants ou les cadets et leurs biens. Ils ont des droits sans contrepartie. Il faut s’acquitter, à tout prix, les contenter, car leur mécontentement a force de pouvoir maléfique, leurs paroles de lier ou de délier.
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