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Puisque toute joie est d'autant plus grande qu'elle est partagée („o bucurie este cu atât mai mare cu cât este împărtășită”, p. 11) et cela d'autant plus qu'il s'agit pour moi d'un cadeau qui m'a été fait (ces professionnels se sont débrouillés pour trouver ma date de naissance), laissez-moi vous conter cette anthologie peu ordinaire. Je commence par ce détail, vu pour la première fois : un code-barre qui ressemble à un groupe de livres, sur une étagère, qui se serrent les uns contre les autres. Puis, „Mețeriașii (foae cu mîini)” prononcé [metse'rjaʃi]. Mais qu'est-ce donc que ce titre ?
La quatrième de couverture annonce des „zurlii” (hurluberlus) du musée du paysan roumain : Răzvan Supuran, Ciprian Voicilă, Călin Torsan, Cosmin Manolache, Șerban Anghelescu. Mais on trouve également des collaborateurs occasionnels, qui ont fourni des textes : Bogdan Iancu, Alistair Ian Blyth, Bogdan Ganea, Cristina Iorguț, Nadina Iacob, Roxana Sahanagiu, Andrei Tănase, Roxana Leahevici, Paul Țanicui, Hannes Heyne, Alyssa Grossman, Serafina Pastore, Massimo Memo, Iuliana Bălan.
„Meseriași" pourrait être traduit par "artisans" mais attention je pense que le néologisme vise davantage la "corporation MȚR”, qui se prononce [metse're]. On devine le sigle du Muzeul Țăranului Român (musée du paysan roumain). La maison des paris littéraires (éditeur) reprend dans la série ethnographie dans un format occidental cette feuille („foae") publiée à l'origine sur du papier fabriqué à la main et dont nombre de textes ne sont rien d'autre que des éloges plus ou moins inspirés sur les mains, outils universels. Parmi les métiers évoqués, j'ai retrouvé avec nostalgie la vieille coutume du „mărțișor”, y compris celui à l'effigie de Petre Roman utilisé à l'époque à des fins électorales. C'était tout de même le George Clooney de toutes les Roumaines de 7 à 77 ans. À la même époque, Andrei Plesu, alors ministre de la culture, a confié à son ami Horia Bernea la transformation du musée, précédemment nommé Musée du Parti, car il accueillait les cadeaux offerts au couple Ceaușescu. Les articles sont disponibles sur le blog http://www.meteriasii.blogspot.fr, feuille qui existe également de manière tout à fait concrète, puisque le papier en est fabriqué à la main dans l'atelier du musée par Răzvan Supuran. Cela m'a rappelé mon passage au musée du papier (Papiermühle) de Bâle avec mes enfants tout fiers d'avoir fabriqué leur feuille. Et dire qu'à presque deux mille kilomètres, Calin Torsan propose un jeu similaire : „foarfecă, hârtie, piatră” (soit ciseaux, papier, pierre, page 30).
À tous ces hurluberlus je dirai bravo !
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