Vous utilisez un bloqueur de publicité

Cher Lecteur,

Nous avons détecté que vous utilisez un bloqueur de publicités (AdBlock) pendant votre navigation sur notre site. Bien que nous comprenions les raisons qui peuvent vous pousser à utiliser ces outils, nous tenons à préciser que notre plateforme se finance principalement grâce à des publicités.

Ces publicités, soigneusement sélectionnées, sont principalement axées sur la littérature et l'art. Elles ne sont pas intrusives et peuvent même vous offrir des opportunités intéressantes dans ces domaines. En bloquant ces publicités, vous limitez nos ressources et risquez de manquer des offres pertinentes.

Afin de pouvoir continuer à naviguer et profiter de nos contenus, nous vous demandons de bien vouloir désactiver votre bloqueur de publicités pour notre site. Cela nous permettra de continuer à vous fournir un contenu de qualité et vous de rester connecté aux dernières nouvelles et tendances de la littérature et de l'art.

Pour continuer à accéder à notre contenu, veuillez désactiver votre bloqueur de publicités et cliquer sur le bouton ci-dessous pour recharger la page.

Recharger la page

Nous vous remercions pour votre compréhension et votre soutien.

Cordialement,

L'équipe BookNode

P.S : Si vous souhaitez profiter d'une navigation sans publicité, nous vous proposons notre option Premium. Avec cette offre, vous pourrez parcourir notre contenu de manière illimitée, sans aucune publicité. Pour découvrir plus sur notre offre Premium et prendre un abonnement, cliquez ici.

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode


Extrait

Extrait ajouté par ilovelire 2016-04-13T18:31:42+02:00

À Tilling, les grandes manœuvres (l’explosion graduelle de la vie palpitante issue des chrysalides nocturnes ; l’apparition des dames de la ville, le panier à provisions sous le bras, prêtes à effectuer leurs emplettes ; l’exode des messieurs partis attraper le tramway à vapeur de onze heures vingt qui les emmenait au golf, et tous les autres préliminaires aux diverses tâches de la journée) ne battaient jamais leur plein avant dix heures et demie. Mademoiselle Mapp avait donc amplement le temps de parcourir les titres de son journal et de prolonger sa méditation au sujet de ses voisins immédiats, en tout bien tout honneur, avant de commencer pour de bon son quart de guet. Des deux messieurs, c’était le major Flint, à coup sûr, qui exerçait le plus de charme aux yeux d’une femme ; depuis des années, mademoiselle Mapp tentait, à force de cajoleries, de l’inciter à demander sa main, et elle était encore loin d’avoir épuisé son stock de munitions. Les aventures légendaires du major, la fragrance si romantique de parfum indien (et de naphtaline, d’ailleurs) s’exhalant des peaux de tigre qui, transformées en carpette, jonchaient le sol de son vestibule ou, telle une marée irrésistible, grimpaient à l’assaut des murs, son attitude à la fois hautaine et galamment empressée, sa manière méprisante de réagir en soufflant bruyamment pour stigmatiser “gnognote et foutaise”, les coups de poing sur la table dont il soulignait les points forts d’une argumentation véhémente, sa glorieuse blessure et ses prodigieuses balles au golf, son intolérance envers quiconque croyait aux fantômes, aux microbes ou au régime végétarien, tout cela conférait quelque chose de hardi et d’intrépide à son personnage. On avait l’impression d’être en présence de quelque charbon ardent jailli dans l’instant du magma originel. Quant au capitaine Puffin, il était fait d’une argile si différente qu’on pouvait à peine admettre qu’il fût d’argile. De taille brève, décharné et boiteux, il avait orné son vestibule de pacifiques chapelets et de tabliers papous au lieu de peaux de tigres sauvages, et, primesautier, il avait des gestes saccadés et une petite voix aiguë. Et pourtant, aux yeux de mademoiselle Mapp, quelque chose derrière cette banalité ne laissait pas d’intriguer, et ce, d’autant plus qu’il n’en laissait rien paraître. Personne n’aurait songé à qualifier le major Flint, braillard et soufflant, de mystérieux, si peu que ce fût. Avec fracas, il abaissait en vrac toutes ses cartes, glorieux monceau de rois et d’as. Mais elle était loin d’être sûre que le capitaine, de son côté, ne cachait pas un joker qu’il tirerait soudain de sa manche. La perspective de devenir madame Puffin lui chantait moins que l’autre, mais il lui arrivait à l’occasion de vaguement l’envisager.

Afficher en entier