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Une nuit brumeuse, cinq soldats qui portent des masques à gaz. Il ressemblent à des soldats de la première guerre mais ils pourraient tout autant être d'une époque actuelle ou future dans un monde dévasté.
J'ai adoré le graphisme, l'ambiance nocturne angoissante, le bruit et la silhouette monstrueuse d'un avion qui traverse le ciel à basse altitude, qu'on ne distingue qu'à travers la brume (ou la fumée ?). Allure de squale vu d'en dessous. le danger omniprésent. Très peu de texte, les images parlent d'elles-mêmes.
Ce livre met en évidence l'absurdité, le désespoir, l'angoisse, la sauvagerie qu'est la guerre. Un carnage inutile, sur les corps et sur les âmes. Des soldats qui en viennent à se demander pourquoi ils risquent de prendre une balle ou de finir déchiquetés par des bombes dans ces guerres décidées par des dirigeants orgueilleux qui se moquent de la valeur des vies humaines, bien planqués qu'ils sont, protégés par un super service d'ordre.
Le fait qu'il y ait très peu de mots est parfois déroutant, sur certaines actions, avec certains personnages, mais l'idée fait son chemin et on comprend. Et si la fin m'a quelque peu laissée dans mes réflexions "j'ai compris ou pas ?", la postface de l'auteur m'a amené une question : on dit que le rire est le propre de l'homme. Ne serait-ce pas plutôt la guerre ? Car depuis que les humains ont créé des sociétés et se sont implantés quelque part, ils se sont foutu sur la gueule. Et alors qu'on vit dans une époque hyper technologique qu'on pourrait croire plus éclairée, ça continue. En peu de mots, avec un graphisme magnifique, l'auteur nous fait un récit intemporel de la guerre, celle d'hier, d'aujourd'hui ou de demain, qui existera tant qu'il y aura des dirigeants mégalomanes et égocentriques pour aller se battre avec le corps des autres.
Merci à Babelio Masse Critique et aux Éditions Ilatina pour l'envoi de ce livre.
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