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Le recueil de poèmes Nemo donne ici lieu à des interprétations sur les sens de ce mot dans les langues anciennes. Cette analyse à deux voix analyse les notions d’éclat, de fragment et de leur composition.
Afficher en entierLe recueil de poèmes Nemo donne ici lieu à des interprétations sur les sens de ce mot dans les langues anciennes. Cette analyse à deux voix analyse les notions d’éclat, de fragment et de leur composition.
Le recueil Nemo est composé de quatre parties intitulées « nemo », «fragments d’un paysage», «enfances» et «nemo». Les termes « nemo » ouvrent et referment le recueil. Le premier correspond au « nemo » grec qui signifie : « la loi, la finitude, l’horizon, mais aussi l’errance, la marche obstinée vers cet horizon qui lui donne précisément son sens, le partage, la division, le lot, fragment incoercible de tout chant. ». Le second « nemo », celui qui clôture le recueil, possède le sens latin : « l’absence qu’on ne peut réduire, le fragment échu de silence en la finitude du chant. ».
Ces deux définitions établies par Lionel Verdier lui-même sont essentielles si nous voulons comprendre et ressentir les poèmes. Ce recueil donne à lire une expérience particulière du poète que celui-ci veut transmettre et conserver. Sa démarche s’inscrit dans une volonté de décrypter le réel. Il semble que tout commence par le surgissement de l’éclat. Cet éclat apparaît comme un éclair et symbolise un ressenti de la condition humaine : la précarité de l’existence, sa beauté et sa vanité transpercent le poète, lieu d’idées traversantes. Une autre inquiétude surgit alors : comment transmettre justement et authentiquement cette expérience ? Le travail sur le vers devient un véritable travail sur la matière vivante du langage.
Lionel Verdier s’inscrit dans une démarche volontaire bien que remplie d’inquiétudes. Il s’agit pour lui de retranscrire un sentiment du réel, de le mettre en vers sans le trahir pour essayer de décrypter. Ce qu’il nous offre à travers Nemo est une main ouverte, vers l’autre, vers nous. Nous voulons essayer ici de vous faire écouter le souffle de ces vers, le souffle de l’inquiétude qui est une preuve d’humilité et de respect. Respect de l’éclat, du dire du vers et de l’Autre dans une quête perpétuelle, toujours nouvelle et recommencée du réel.
La poésie de Lionel Verdier est un langage entre flux et reflux de la prose et du vers, entre absence et présence du vers, entre saisissement et retrait du souffle, entre son incarnation et son dessèchement.
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