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Patrick ne rit pas.
« Je ne connaissais pas Dorval, mais si j’en crois Alfred il n’était pas du genre à sauter tout seul d’un train en pleine vitesse. »
Jacques entrevoit la seule chance qu’il a de s’en sortir.
« Les deux types de la gare ?
— Peut-être... Vous les aviez repérés, non ?
— Je ne les ai jamais vus, je vous assure, c’est un malentendu. Je vous ai peut-être laissé croire... »
Mais Patrick ne lui permet pas d’achever.
« Qui êtes-vous ? »
Il ne le quitte pas des yeux et Jacques n’aperçoit pas tout de suite le petit automatique nickelé de la veille qu’il tient braqué sur lui. Il voudrait lever les mains comme on le voit dans les films, mais cela c’est justement dans les films et lui reste paralysé, les bras ballants le long du corps.
« Je m’appelle Jacques Dorival, parvient-il à articuler d’une voix ferme, mais je n’ai rien à voir dans tout cela. Je suis architecte.
— Entre ! ordonne Patrick à Flora qui vient d’apparaître sur le seuil. Ils ont tué Dorval. Ils devaient penser qu’il avait la valise... Celui-là, tu sais qui c’est ? »
Elle s’avance près de Patrick, dont la taille paraît soudain se réduire, derrière l’un des fauteuils de velours capitonné ; elle appuie ses deux mains au dossier. Tête nue, elle paraît plus déterminée et sûre d’elle qu’affublée de la toque de fourrure qui lui arrondissait le visage. Elle considère Jacques de son regard globuleux qu’il n’aurait jamais cru susceptible de devenir si perçant. Elle ne le quitte même pas des yeux pour parler :
« Il prétend s’appeler Dorival.
— Tu le savais ?
— Il me l’a dit dans la voiture en revenant, mais je crois qu’il n’est pour rien dans tout cela.
— Tu parles !
— Il m’a expliqué toute son histoire.
— Je serais bien curieux de la connaître, son histoire... »
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