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L'île.
L’île a des lis
Et des lilas
Pour les délices il y a des lits là.
Pas de soucis,
Cent liserons
Viens tes soucis vite s’enliseront.
Un cycle amène
Cycle centaure,
Sous les lilas où j’oublie tes cent torts,
Un cyclamen
Des centaurées
Et des pensées pour le temps dépensé.
L’île à délices
A des lilas,
Avec des lis j’ai porté ton lit là.
Afficher en entierSeigneur, venez à mon secours,
Tendez-moi votre main si grande
Qu'elle est le dôme des amours,
Des océans, des monts, des landes,
De l'éternel et de nos jours.
Tendez-moi, Seigneur, ne serait-ce
Qu'un de vos doigts pour m'y poser,
Emmenez-moi me reposer
Loin de tout ce qui me délaisse
Et loin de ce que j'ai osé.
Écartez-moi de la rivière,
Conduisez-moi sur le chemin
Qui mène au cœur de la prière,
Tendez-moi votre grande main
D'où sort la nuit et la lumière.
Tout m'est trop proche et trop lointain,
Mon cœur est mort, mon âme pleure.
Le temps ne m'apporte plus d'heure,
Mes battements se sont éteints
Sous un pas quittant ma demeure.
J'ai rendu le dernier soupir.
Seigneur, écoutez la prière
De celle qui voudrait dormir.
Baissez mes rouges paupières
Car j'ai grand sommeil de mourir.
¦
PRIÈRE
Afficher en entierJe l'aime un peu, beaucoup, passionnément,
Un peu c'est rare et beaucoup tout le temps.
Passionnément est dans tout mouvement :
Il est caché sous cet : un peu, bien sage
Et dans : beaucoup il bat sous mon corsage.
Passionnément ne dort pas davantage
Que mon amour aux pieds de mon amant
Et que ma lèvre en baisant son visage.
¦
PASSIONNÉMENT
Afficher en entierUne lettre d'amour ? oui doux Seigneur,
Mais à qui donc l'écrirai-je ?
Tous mes bouquets de bonheur
Sont poussière sous les neiges.
Neige, neige qui n'est pas de beau temps,
Beau temps qui n'est pas d'ivresse,
Neige de mes passe-temps
Et chevelure en détresse.
Ma main ne brode plus de mots d'amour
Doux Seigneur. L'âge m'emporte.
A tel revers nul secours,
Lettre d'amour : lettre morte.
¦
LETTRE MORTE
Afficher en entierLa maison des enfants
Est livrée au grand vent
Leurs chambres sont désertes.
Le grand vent du matin
Ne dénoue au jardin
Nul ruban de soie verte.
Plus de mots hésitants
Et plus de compliments
Au midi de ma fête
Et plus de petits pas,
Plus de secrets tout bas
Ni de cris à tue-tête.
Loin de moi grandissez
Enfants de mon passé
Qui vivez en voyage,
Puis venez à mon cœur
Fontaine de mes pleurs
Y puiser votre image.
Usez de mon amour.
Votre jour est toujours
L'objet de mon envie.
Revenez à mes bras,
Ne vous éloignez pas
Du sein de votre vie.
Êtes-vous nés trop tôt
Rires de mes berceaux
A l'âge du quadrille ?
Êtes-vous nés trop tard
Enfants de mes hasards,
Enfants petites filles ?
Le jardin est pareil,
L'abeille et le soleil
Y font leur course à l'aise,
Mais sous les hauts sapins
Plus de jeux anciens
Plus de chansons françaises.
Plus de baisers le soir
Ni de peur dans le noir
Où vient rôder le diable,
Plus de jouets cassés,
Plus de genoux blessés
Ni de châteaux de sable.
Enfants, c'est mon passé
Passé que vous bercez
Au jardin de Verrières,
Car je riais aussi
Sous l'arbre que voici
Et que planta mon père.
Les jours sont abîmés.
Aurais-je trop aimé
Le pas qui déconcerte ?
Je suis seule à présent
Mes lointaines enfants
Devant la porte ouverte
¦
LA MAISON DES ENFANTS
Afficher en entierUne petite plage où l'on ne rit pas
Où personne en passe :
C'est l'amour.
L'ombre non plus n'y chasse,
De bras en bras,
Un autre jour.
Pas de fausses mésanges
Mais au loin
Une petite île
Comme une meule de foin,
Et sous l'aile d'un ange
Deux anges immobiles.
Afficher en entierIl vole
En allant se coucher le soleil
Se reflète au vernis de ma table :
C'est le fromage rond de la fable
Au bec de mes ciseaux de vermeil.
- Mais où est le corbeau?-il vole.
Je voudrais coudre mais un aiment
Attire à lui toutes mes aiguilles.
Sur la place les joueurs de quilles
De belle en belle passent le temps.
-Mais où est mon amant?-il vole.
C'est un voleur que j'ai pour amant,
Le corbeau vole et mon amant vole,
Voleur de coeur manque à sa parole
Et voleur de fromage est absent
- Mais où est le bonheur?-il vole.
Je pleure sous le saule pleureur
Je mêle mes larmes à ses feuilles
Je pleure car je veux qu`on me veuille
Et je ne plais pas à mon voleur
- Mais où donc est l'amour?-il vole.
Trouvez la rime à ma déraison
Et par les routes du paysage
Ramenez-moi mon amant volage
Qui prend les coeurs et perd ma raison
Je veux que mon voleur me vole.
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