Les extraits ajoutés par Oscarscom
Un jour de l'hiver 1892, à Boston, où le vieil océan m'a rejeté, si je puis dire, depuis un an ou deux, je me demande si je dois à nouveau solliciter un commandement, pour pouvoir me nourrir, ou aller travailler aux chantiers navals, quand je rencontre une vieille connaissance, un capitaine baleinier, qui me dit : « Venez à Fairhaven et je vous donnerai un navire. Mais, ajouta-t-il, il a besoin d'être réparé. »Les conditions du capitaine, après explication, me conviennent tout à fait. Elles comprennent toute l'assistance nécessaire pour remettre l'embarcation en état de naviguer. Je suis ravi d'accepter, car je me suis rendu compte que je ne peux pas obtenir de travail aux chantiers navals sans payer d'abord cinquante dollars à une association, et quant au commandement, il n'y a pas assez de navires en partance. Presque tous nos grands navires ont été démâtés pour en faire des barges à charbon, et ils sont ignominieusement tirés par le nez de port en port, alors que de nombreux capitaines valeureux doivent avoir recours à l'Abri du Marin, les foyers des gens de mer.Le jour suivant, je débarque à Fairhaven, en face de New Bedford, et je me rends compte que mon ami s'est en quelque sorte joué de moi. Pendant sept ans, il a lui-même été l'objet de la farce. Le navire est un très vieux sloop appelé Spray dont les voisins disent qu'il a été construit en l'An 1. Il a été affectueusement installé sur des bers, au milieu d'un champ, à quelques distances de l'eau, et recouvert d'une grosse toile. Les gens de Fairhaven, j'ai à peine besoin de le dire, sont économes et observateurs. Ils se demandaient depuis sept ans ce que le capitaine Eben Pierce allait bien pouvoir faire avec le vieux Spray. Lorsque j'arrive, les commérages se renforcent : enfin, quelqu'un est venu restaurer la vieille carcasse de Spray. « Vous le détruisez, n'est-ce pas ?? Non, je vais le reconstruire ».
Afficher en entierLE MYSTÈRE DU VIDE-BOUTEILLE
Je somnolais sur le sable, bercé par le ronronnement de la mer montante, quand un éclat de voix me fit sursauter.
- M'sieu Robe, avez-vous vu Marie-Jane ? Haletant, hagard, ruisselant de sueur, Jean-Jacques était devant moi. Je me levai.
- Que dis-tu ?
- Marie-Jane a disparu. Je vous dis, reprit-il, la voix rauque, que j'sais point où ail' est. Nous sommes partis ensemble à la rocaille. A fin d'marée, elle péchait à une cinquantaine de mètres de moi. J'faisais un carneau avec ma fouine ; en sortant, je ne l'ai plus revue.
Marie-Jane, la Marie, comme on rappelait, jolie fillette de quinze ans, aux cheveux embroussaillés maintenus par un fichu, dont j'aimais voir le visage mutin, les yeux rieurs et la fine silhouette quand, la robe et le jupon retroussés, laissant voir de petites jambes nerveuses campées dans des sabots qui résonnaient à chaque pas, elle partait pour faire sa marée !
Jean-Jacques, un de mes compagnons de pêche. C'était le gas normand, lourdaud d'aspect, l'air endormi, parlant peu, mais braconnier de mer qu'on était toujours sûr de trouver aux bons endroits, sautant d'une roche à l'autre avec la légèreté du chamois. Jean-Jacques avait vingt ans, Marie-Jane quinze ans et demi : tous deux s'étaient promis.
- Répète, fis-je.
- J'vous dis qu'elle était à pêcher dans l'rocher avec moi. Inquiet, je suis remonté la chercher au village. J'ai r'dévalé, elle est introuvable.
«Je vous en supplie, aidez-moi.
- C'est bon, je viens.
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