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Les extraits ajoutés par corally

-Vous êtes Madame Virginie Stalivoskaia ?

Très drôle ! Est-ce que j’avais l’air d’être une Madame ?

-Non, c’est ma mère, l’informai-je d’un ton peu amène. Pourrais-je connaitre l’objet de votre visite ?

Il devint blanc comme un linge et ses yeux lancèrent des éclairs.

-Votre mère ? répéta-t-il, ayant des difficultés à reprendre ses esprits.

-Oui, ma mère. Ecoutez, si elle vous doit de l’argent, si elle a promis de vous épouser ou je ne sais quoi, oubliez, dis-je un brin énervée. Nous n’avons que des dettes et réjouissez-vous, vous échapperez à la famille foldingue, composée d’une femme irresponsable et de quatre enfants plus déjantés les uns que les autres. Je me demande bien qui voudrait vivre dans ce barnum ? bougonnai-je dans ma barbe.

L’homme se redressa de toute sa hauteur et croisa les bras sur sa poitrine. Impressionnant. Pour la première fois de mon existence, la girafe que j’étais (1m78) fit place à une minuscule fourmi. Je reculai de quelques pas et me figeai sous son regard glacial.

-Mon frère, apparemment, m’asséna-t-il d’un ton acerbe.

LA CATASTROPHE. Le croque-mort se trouvait être le frère du nouveau mec de ma mère. Pauvre gars, il avait de quoi à paniquer. Découvrir que son frère de 25 ans était tombé amoureux d’une femme de 40 ans, mère de quatre enfants en aurait déstabilisé plus d’un.

Tout à coup, je pris conscience de ce qu’il venait d’annoncer, « beau-papa » voulait s’installer dans ce cloaque. Alors là, pas question !

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-Je tuerai pour un café, lançai-je d'un ton décontracté, en m'asseyant au comptoir de la cuisine.

Ce matin, j'avais décidé d'ériger la coolitude comme mantra alors que j'appréhendais les matins d'après papouilles. Benjamin me tournait le dos, la tête plongée dans le réfrigérateur. Il portait un pantalon de pyjama qui tombait négligemment sur ses hanches et rien d'autre. Mamma mia, l'atmosphère venait de se réchauffer subitement. Caliente !

-Un bon café et un homme à moitié nu, que demander de plus, rajoutai-je lascivement, le reluquant sans vergogne.

Il se retourna, un sourire suffisant sur les lèvres, conscient de l'effet qu'il produisait.

-Bonjour à toi aussi, Jade.

-Un bon jour qui commence merveilleusement bien, affirmai-je, le dévorant des yeux. J'ai faim ... de nourriture également. Tu as préparé quoi ? demandai-je, plongeant un doigt dans le pot de confiture ouvert.

Mumm, comment résister à cette délicieuse confiture d'abricots ? Impossible. J'y replongeai avec bonheur et fermant les yeux, je suçai mes doigts couverts de confiture. Je pris conscience du silence qui s'éternisait et sortis du plaisir gourmand dans lequel j'avais plongé pour croiser le regard affamé de Benjamin.

-Ma puce, arrête de faire cela sinon je ne réponds plus de rien.

Il ne quittait pas ma bouche des yeux et soudain, je compris. A la pensée de mon attitude équivoque, mes joues s'empourprèrent.

-La honte, tu vas me prendre pour une obsédée, dis-je, en m'affalant sur le comptoir, la tête entre mes bras.

Je l'entendis glousser et désespérée, je tapai mon front sur le comptoir, dans le vain espoir de faire disparaitre de ma mémoire les cinq dernières minutes.

-Achève-moi, Geronimo.

-Le café est prêt, Meryl Streep, dit-il avec ironie.

Sans relever la tête et dans un geste ample et grandiloquent, je tendis la main vers lui pour saisir le mug de café.

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