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Liste des extraits

Extrait ajouté par Racine_et_Icare 2019-07-30T14:53:28+02:00

Saison floue de pétales, comme des soies déchirées, de bourgeons éclatés.

Saison où le vent brille d'une eau brutale et souffle le gel sous des soleils fous.

Et le printemps, comme un glaive, porte en terre l'herbe, le blé. Et le printemps sans trêve sème l'ivraie.

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Extrait ajouté par Racine_et_Icare 2019-07-30T14:47:49+02:00

Sidonie-gabrielle

---

La plage délivre et nous, jeunes robinsons, suivons au sillage de la carriole, plaçant nos pas dans la trace des roues, larges patins glissant aux sables lisses d’eau. La jument tire allègre. Elle boit, naseaux au ciel tendus, des lacets de brume et croque, espiègle, comme des pierres de sucre, des morceaux de nuages. Au loin, la ligne des goémons souffle son haleine saumurée, trouble calque, masquant des silhouettes penchées, rochers cirés, cueillant le fruit des vases. Aux paysages des sables, qu’allons-nous cueillir, nous, jeunes sauvages ?

La plage délivre.

La dune est un havre.

Seras-tu ma Vendredi ?

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Extrait ajouté par Racine_et_Icare 2019-07-30T14:47:30+02:00

Montserrat

---

Tu es colombe au corps d’aigle

Et de ta juvénile poitrine,

Demeure de la Sibylle,

De la Margelle de ta gorge,

Vole son chant.

Et sur le silence

La Sibylle chante.

Plainte feulée sur la soie du jour,

Une plainte comme une fêlure.

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Extrait ajouté par Racine_et_Icare 2019-07-30T14:47:00+02:00

La lumière fuit,

Translucide,

Moite d’embruns, comme un calque.

Gris sel,

Mercure,

Les algues mûrissent ;

Galon de moire au serti des flaques.

Le corps des sables revêt l’infini.

La soie des vases glisse sous le pied.

Le vent brasse les oyats.

Le vent brasse les nuages.

Le vent embrasse.

Le corps revêt l’oubli.

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Extrait ajouté par Racine_et_Icare 2019-07-30T14:46:49+02:00

Pays tout à la fois sombre et pâle qui tarde à renaître, pays d’arrière-pluie au printemps hésitant. Des monceaux de feuilles, tels des essaims, comblent les sentiers et coagulent en nids : guêpiers où le temps s’enlise.

L’hiver toujours loge au ras des terres.

Pourtant, aux rives des feuillages, les fanions clairs des cimes s’échevellent : résilles aquarellées.

Mais déjà, repris par la brume, l’horizon se glace.

Pourtant, aux talus des nuages, une tache solaire grandit ; ombre juvénile, comme un souvenir de chaleur.

Mais déjà, repris par la brume, l’horizon s’efface.

Pays de mauvais temps où la glaise scelle le pas d’un poids séculaire, pays de marne au chant de silence.

Mais déjà, reprises par la vie, les boues verdissent nourries de brume.

Le printemps toujours germe au ras des terres.

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