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Quodlibet - La série

  • Thèmes :
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La liste des tomes


La publication des Quodlibets du franciscain Richard de Mediavilla (vers 1248-vers 1300) prend la suite de celle des ses Questions disputées et s'impose, en raison de la richesse dense de ces textes et des circonstances de leur rédaction. S’ils forment avec les Questions, une sorte de testament intellectuel du penseur, il s’agit de restaurer un sens égaré, car le texte a été publié en incunable, avec de très graves fautes qui dénaturent son sens. Leur rédaction est entremêlée à celle des Questions disputées. Nous sommes dans le milieu des années 1290. Les Quodlibets ne sont donc pas liés exclusivement à un enseignement universitaire, contrairement à ce que prétend une tradition historiographique. Ils désignent un genre plus qu’une fonction institutionnelle. Ces Quodlibets sont liés à trois circonstances. 1. Six des vingt-sept questions du troisième Quodlibet se rapportent à une situation précise, les négociations sur le sort de Louis d’Anjou, prince héritier du royaume de Naples, vers 1295. 2. Une question n’a de sens fort que par rapport à la bulle Clericis laïcos, rédigée le 25 février 1296, rendue publique le 21 avril par Boniface VIII. Cette bulle fut fulminée en réaction contre une décision unilatérale de Philippe IV le Bel, qui constitua un tournant dans l’histoire de l’Europe. 3. Une troisième circonstance apparaît de façon feutrée en diverses questions avec le miracle de Notre-Dame de Lorette. La petite maison de la Vierge à Nazareth s’est envolée, sous la conduite d’anges, de Palestine vers l’Occident. Elle se posa à Tersetto (Trst, près de Rijeka, l’ancienne Fiume) en Dalmatie en 1291 et elle trouva son lieu définitif dans la nuit du 9 au 10 décembre 1294, à Loreto, dans les Marches d’Ancône. Le premier Quodlibet, composé de vingt-deux questions donne l’impression d’une ultime synthèse, composée selon un ordre indiqué dans les divers préambules des questions. Ainsi, l’auteur traite successivement de Dieu, du Christ, des créatures, sur un mode spéculatif, puis pratique. Il apporte des nouveautés essentielles sur la notion de relation comme chose réelle du monde et articule soigneusement son anthropologie et sa métaphysique.
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Description
La publication des Quodlibets du franciscain Richard de Mediavilla (vers 1248-vers 1300) prend la suite de celle des ses Questions disputées et s'impose, en raison de la richesse dense de ces textes et des circonstances de leur rédaction. S’ils forment avec les Questions, une sorte de testament intellectuel du penseur, il s’agit de restaurer un sens égaré, car le texte a été publié en incunable, avec de très graves fautes qui dénaturent son sens. Leur rédaction est entremêlée à celle des Questions disputées. Nous sommes dans le milieu des années 1290. Les Quodlibets ne sont donc pas liés exclusivement à un enseignement universitaire, contrairement à ce que prétend une tradition historiographique. Ils désignent un genre plus qu’une fonction institutionnelle. Ces Quodlibets sont liés à trois circonstances. 1. Six des vingt-sept questions du troisième Quodlibet se rapportent à une situation précise, les négociations sur le sort de Louis d’Anjou, prince héritier du royaume de Naples, vers 1295. 2. Une question n’a de sens fort que par rapport à la bulle Clericis laïcos, rédigée le 25 février 1296, rendue publique le 21 avril par Boniface VIII. Cette bulle fut fulminée en réaction contre une décision unilatérale de Philippe IV le Bel, qui constitua un tournant dans l’histoire de l’Europe. 3. Une troisième circonstance apparaît de façon feutrée en diverses questions avec le miracle de Notre-Dame de Lorette. La petite maison de la Vierge à Nazareth s’est envolée, sous la conduite d’anges, de Palestine vers l’Occident. Elle se posa à Tersetto (Trst, près de Rijeka, l’ancienne Fiume) en Dalmatie en 1291 et elle trouva son lieu définitif dans la nuit du 9 au 10 décembre 1294, à Loreto, dans les Marches d’Ancône. Le premier Quodlibet, composé de vingt-deux questions donne l’impression d’une ultime synthèse, composée selon un ordre indiqué dans les divers préambules des questions. Ainsi, l’auteur traite successivement de Dieu, du Christ, des créatures, sur un mode spéculatif, puis pratique. Il apporte des nouveautés essentielles sur la notion de relation comme chose réelle du monde et articule soigneusement son anthropologie et sa métaphysique.
Le deuxième Quodlibet de Richard de Mediavilla, le plus long des trois recueils du franciscain, composé de trente et une questions, est d'une richesse et d'une variété certaines. La date de 1295 ou 1296 y est confirmée par le contexte de la question 30. Cette très longue question discute en détail l'imposition fiscale des clercs, juste avant la décrétale Clericis laicos de Boniface VIII (février-avril 1296). En dehors de cette question, trois thèmes semblent dominer: la catégorie de quantité, en liaison avec la question eucharistique (question 3, 14 et 15), la gradation des formes (questions 3 et 4) avec un approfondissement du Principe Pur Possible et la liberté christique (questions 7, 8, 10 et 21). Les questions naturelles, notamment sur la consommation des aliments et sur l'influence de la taille sur l'intellect, offrent des perspectives assez inattendues. Les questions "morales" occupent le dernier tiers du recueil. S'en détachent deux questions sociales sur les rentes et l'impôt (23 et 30) qui sont très longuement développées. On y trouvera en outre des réflexions aiguës sur le droit. En un mot, ce deuxième Quodlibet semble plus encyclopédique. Enfin, l'aspect "testamentaire" de l'œuvre se manifeste par le retour sur certains points de doctrine disputés avec Pierre de Jean Olivi, tantôt pour maintenir des positions, tantôt pour nuancer des critiques. À ce titre, ce recueil présente un intérêt exceptionnel.
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Description
Le deuxième Quodlibet de Richard de Mediavilla, le plus long des trois recueils du franciscain, composé de trente et une questions, est d'une richesse et d'une variété certaines. La date de 1295 ou 1296 y est confirmée par le contexte de la question 30. Cette très longue question discute en détail l'imposition fiscale des clercs, juste avant la décrétale Clericis laicos de Boniface VIII (février-avril 1296). En dehors de cette question, trois thèmes semblent dominer: la catégorie de quantité, en liaison avec la question eucharistique (question 3, 14 et 15), la gradation des formes (questions 3 et 4) avec un approfondissement du Principe Pur Possible et la liberté christique (questions 7, 8, 10 et 21). Les questions naturelles, notamment sur la consommation des aliments et sur l'influence de la taille sur l'intellect, offrent des perspectives assez inattendues. Les questions "morales" occupent le dernier tiers du recueil. S'en détachent deux questions sociales sur les rentes et l'impôt (23 et 30) qui sont très longuement développées. On y trouvera en outre des réflexions aiguës sur le droit. En un mot, ce deuxième Quodlibet semble plus encyclopédique. Enfin, l'aspect "testamentaire" de l'œuvre se manifeste par le retour sur certains points de doctrine disputés avec Pierre de Jean Olivi, tantôt pour maintenir des positions, tantôt pour nuancer des critiques. À ce titre, ce recueil présente un intérêt exceptionnel.
Ce troisième Quodlibet, composé de vingt-huit questions, achève cette série de belle façon. Le texte est d’une part lié aux agitations des franciscains autour du jeune prince Louis d’Anjou vers 1296, ce qu’attestent plusieurs questions qui ne peuvent guère se comprendre que par rapport à cette situation. D’autre part, il constitue une sorte de testament intellectuel de Mediavilla, qui rassemble et prolonge les grandes orientations de sa pensée. La controverse avec les Spirituels et avec Olivi est bien présente, mais Mediavilla semble chercher des formules de compromis et parfois même revenir sur les accusations souvent injustes dont Olivi avait été la cible en 1283. Les réflexions sur l’eucharistie, sur la quantité, sur la pénitence, sur le droit et sur l’impôt se poursuivent. Un nouveau thème apparaît ici : la critique de la force imaginative, dont l’exaltation était souvent imputée aux franciscains. Mediavilla se livre donc, après une brève affirmation doctrinale, à une longue et minutieuse analyse naturaliste de la notion de fascination, de la prédiction par les rêves et de l’influence à distance. Une seconde nouveauté apparaît avec le thème de la bonne fortune. Valérie Cordonier, grande experte sur la question, a apporté sur ce point une aide généreuse. Enfin, Mediavilla donne ici une ultime élaboration de thèmes constants, notamment sur sa puissante thèse ontologique de Principium Purum Possibile, dont il livre un achèvement dans la question sur la divisibilité. Il poursuit également son affirmation provocante de l’autonomie de l’éthique par rapport aux normes religieuses et juridiques. Mediavilla dit son dernier mot…
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Description
Ce troisième Quodlibet, composé de vingt-huit questions, achève cette série de belle façon. Le texte est d’une part lié aux agitations des franciscains autour du jeune prince Louis d’Anjou vers 1296, ce qu’attestent plusieurs questions qui ne peuvent guère se comprendre que par rapport à cette situation. D’autre part, il constitue une sorte de testament intellectuel de Mediavilla, qui rassemble et prolonge les grandes orientations de sa pensée. La controverse avec les Spirituels et avec Olivi est bien présente, mais Mediavilla semble chercher des formules de compromis et parfois même revenir sur les accusations souvent injustes dont Olivi avait été la cible en 1283. Les réflexions sur l’eucharistie, sur la quantité, sur la pénitence, sur le droit et sur l’impôt se poursuivent. Un nouveau thème apparaît ici : la critique de la force imaginative, dont l’exaltation était souvent imputée aux franciscains. Mediavilla se livre donc, après une brève affirmation doctrinale, à une longue et minutieuse analyse naturaliste de la notion de fascination, de la prédiction par les rêves et de l’influence à distance. Une seconde nouveauté apparaît avec le thème de la bonne fortune. Valérie Cordonier, grande experte sur la question, a apporté sur ce point une aide généreuse. Enfin, Mediavilla donne ici une ultime élaboration de thèmes constants, notamment sur sa puissante thèse ontologique de Principium Purum Possibile, dont il livre un achèvement dans la question sur la divisibilité. Il poursuit également son affirmation provocante de l’autonomie de l’éthique par rapport aux normes religieuses et juridiques. Mediavilla dit son dernier mot…

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