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"Que l’on ne puisse laisser une partie de notre population partir combattre l’armée d’un pays ami semble une évidence. A fortiori, pouvons-nous laisser partir des individus qui vont peut-être combattre nos propres soldats ? Comment admettre que des Français ou des résidents français puissent partir lutter en zone pakistano-afghane contre une coalition dans laquelle est engagée l’armée française, tout en continuant parfois à toucher les allocs ? Et si l’un de nos nationaux tue un soldat français en Afghanistan, parlera-t-on encore de terrorisme ? Utilisera-t-on la bonne à tout faire, la législation antiterroriste, pour réprimer un comportement qui est condamné depuis des temps anciens par la loi ? Jamais la justice française n’a utilisé, dans pareille circonstance, une infraction autre que l’association de malfaiteurs terroristes. Or, nous pourrions sans doute utiliser les infractions « d’intelligences avec une puissance étrangère », et notamment les dispositions de l’article 411-4 du code pénal : « Le fait d’entretenir des intelligences avec une puissance étrangère, avec une entreprise ou organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou avec leurs agents, en vue de susciter des hostilités ou des actes d’agression contre la France, est puni de trente ans de détention criminelle et de 450 000 euros d’amende. » Cette infraction est qualifiée de trahison quand elle est commise par un Français (article 411-1 du code pénal). Le pire, c’est que, confrontés à des personnes qui n’ont plus aucun sens de l’appartenance nationale, nous nous gardons bien d’utiliser des infractions teintées de nationalisme. Seraient-ce des infractions passées de mode parce que nous aurions honte d’affirmer judiciairement que c’est un crime pour un Français que de combattre l’armée française ? Ça ferait ringard, sans doute… ou alors politiquement incorrect."
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