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Sam ne se formalisait pas qu’André déclinât son offre et retourna aux préparatifs pour la nuit. Ils savaient tous les trois qu’André ne respectait jamais un horaire de rendez-vous, il appelait ça « se faire désirer », mais ses amis n’étaient plus dupes de son petit jeu. Le vieux beau sortit du Mercury en croisant Mounir qui lui entrait afin de prendre son service. Il était déjà vingt-deux heures, se rendit compte Nicolas. Son verre était vide, il était temps pour lui de rentrer. Il n’avait pas envie de rester au comptoir jusqu’à deux heures du matin, bien qu’il appréciât la compagnie des deux patronnes. Il déposa un billet sur le zinc, se leva, remit son blouson et saisit son parapluie.
— Je me rentre, annonça-t-il à Valérie. Bonne soirée les filles.
Sam leva la main en signe d’au revoir, Val lui colla une autre bise sonore sur la joue.
— N’attends pas trois mois pour repasser, mon beau.
— Promis. Es-tu si désespérée que cela ?
Val rit en lui claquant le bras et le traitant d’idiot. Lorsqu’il passait la porte tenue par Mounir fidèle à son poste de garde, Nicolas se retourna une dernière fois pour saluer de la main la patronne, il reçut un choc en se rendant compte que le jeune garçon le suivait du regard, ou tout du moins sa tête était dirigée dans sa direction avant de se retourner brusquement, comme s’il avait été pris en flagrant délit.
Tu te fais des idées, Nico se dit-il.
Oui, il avait sûrement rêvé, ce petit mec ne le matait pas à la dérobée.
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