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– Un strip-tease masculin. Mais comme Sonia n’est pas fille à se laisser damer le pion dans une soirée, elle a enchaîné sur un effeuillage de son cru. Pour corser le truc, elle a lancé sa culotte sur la terrasse et a déclaré que le gars qui la lui récupérerait recevrait sa juste récompense. A ce moment-là, j’ai dû me rendre dans la salle de bains pour vomir. C’était la première fois de ma vie que je me soûlais à en être malade et je me rappelle le dégoût que j’ai éprouvé. Ensuite, j’ai pris une douche et je me suis rhabillée sans me presser. Lorsque j’ai regagné la salle de séjour, j’ai constaté que Tony Walters était déjà parti, et les deux autres étaient en train de se chevaucher sur le divan. Je suis donc allée dans la chambre, où j’ai trouvé Kevin et Sonia en pleine distribution de récompense.
Afficher en entier– Je me plais tel que je suis, je rétorque. A New York, un gars de ma connaissance avait sans arrêt d’affreuses crampes d’estomac et personne n’arrivait à le guérir. Il a fini par aller trouver un de ces toubibs pour dingues et le traitement ne lui a pas coûté plus d’un millier de dollars. Il avait, paraît-il, un caractère violent qu’il s’était toujours vanté de savoir maîtriser. Mais, selon le psychanalyste, il fallait bien que cette agressivité se déverse quelque part, et c’était ça la cause des crampes d’estomac. Dès que mon copain admettrait ce fait, ça ne se produirait plus.
Afficher en entier– Sonia ?
– Sonia Sheppard… ma meilleure amie… une salope ! (Elle pique méchamment sa fourchette dans un canapé de caviar qui n’en peut mais.) Nous nous livrons en toute amitié à ce genre de concurrence depuis le pensionnat. On marque cinq points si on arrive à coucher avec le type de la copine, et dix si on parvient à le lui soulever.
Afficher en entierJ’entre chez elle une heure plus tard et je manque d’emboutir les deux domestiques qui s’inclinent au moment de sortir. Marcia Burgess m’accueille d’un sourire, puis du geste me désigne la chaise vide qui lui fait face de l’autre côté de la table éclairée aux bougies. Je m’assois, puis reluque les divers plats disposés sur la desserte.
Afficher en entier– C’est bon. (Elle hausse encore les épaules avec impatience.) Franchement, si vous tenez à le savoir tout de suite, je voudrais être sûre que les deux autres sont morts accidentellement.
– Les deux autres… quoi ? Je gargouille.
– Fiancés. (Une lueur de tristesse traverse son regard.) Le premier a été tué dans un accident d’auto un mois avant la date fixée pour le mariage, et le deuxième a fait une chute mortelle tout juste huit jours avant la célébration des noces. (Ses lèvres se plissent en une parodie de sourire.) Mes amis commencent déjà à m’appeler « l’Oiseau de malheur », parce que tout homme qui se fiance à moi trouve, semble-t-il, la mort avant d’arriver devant l’autel. Et ça ne me plaît pas tellement !
Afficher en entier– Là. (Elle désigne le mur de l’index.) J’occupe le Lanai d’à côté. D’ici que vous arriviez, je me serai arrangée avec la réception pour nous faire servir chez moi. S’il y a une chose que je déteste, c’est prendre mes repas au milieu de la cohue !
Le téléphone se met à sonner et je décroche d’une main engourdie. La voix polie d’un agent de réservations d’une compagnie aérienne me confirme que j’ai une place sur le vol de nuit à destination de Sydney.
Afficher en entier– Les fleurs, c’est réservé aux enterrements, déclare-t-elle en guise d’explication. D’ailleurs, il est impossible de boire cette sacrée mixture avec ce truc-là qui n’arrête pas de se coller à vos dents.
Entre autres choses, il y a son accent qui me turlupine. Malgré l’influence de langues étrangères – peut-être due à un séjour dans un pensionnat suisse et à l’habitude de courir le monde – on décèle un accent de base qui n’est certainement pas américain. Je me risque :
– Vous êtes Anglaise ? Il n’y a que les Anglais qui soient capables de produire une super-cinglée dans votre genre.
Afficher en entier– Un ancien client à vous qui se trouve être un ami à moi, Harvey Mountfort. Selon lui, vous êtes ce qui se fait de plus coriace et de plus futé, mais je ne peux m’empêcher d’avoir des doutes. Enfin, un détective privé qui n’est même pas capable d’esquiver l’ouverture d’une porte, vous trouvez ça très futé ? (Elle fronce le nez.) A dire vrai, votre apparence ne m’impressionne guère non plus. A une époque où les cheveux longs sont le symbole évident de l’agressivité masculine, vous ne trouvez pas qu’une coupe en brosse, ça fait un peu vieux jeu ?
Afficher en entierElle gagne le fauteuil le plus proche, s’y assoit, puis croise les jambes sans se presser. Le pantalon orné de médaillons émet un soyeux murmure qui enflamme mon imagination déjà fort vive. J’appelle la réception et commande à boire, puis je vais m’asseoir en face de la rouquine mordorée. Le moment semble venu de dire quelque chose. Je me hasarde :
– Je ne me souviens pas très bien de tout ce qui s’est passé la nuit dernière. On s’est rencontrés à la soirée de Kanehœ Bay ?
Afficher en entierSa phrase s’achève en un hurlement frénétique quand je l’agrippe par les épaules et la fais pivoter pour l’entraîner au galop vers le lit. Je la lâche au dernier moment. Entraînée par l’élan, elle va heurter des genoux le bord du lit et n’a que le temps de pousser un dernier hurlement frénétique avant de s’étaler à plat ventre sur les couvertures. J’empoigne fermement le déshabillé de soie noire et tire dessus un grand coup. Un craquement sec de tissu, et je tiens à la main un misérable morceau ; c’est tout ce qui reste du vêtement. Puis je me sers des deux mains pour faire glisser le slip de dentelle noire jusqu’aux chevilles, et ramasse la ceinture. Marcia laisse échapper un cri strident lorsque le cuir s’abat douloureusement sur les deux rondeurs de son postérieur rose et blanc, et elle tente de se redresser. Je pose la paume de ma main libre entre ses omoplates pour la maintenir sur le lit et je lui flanque un deuxième coup de ceinture. J’entends le claquement sec de l’impact, mais cette fois, le cri de Marcia est étouffé par les couvertures. Je la gratifie encore de quatre bons coups, et, quand je m’arrête, son derrière est d’un rouge vif bien uniforme.
Je laisse tomber la ceinture sur le lit à côté d’elle et une profonde satisfaction m’envahit au son de ses gémissements et de ses plaintes étouffés. Qui donc a dit que les sadiques n’éprouvent jamais de plaisir ?
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