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1 – LE CRASH DE TURNBAR
Zombarius, 8 juin 2354.
Ce jour-là, un appareil de reconnaissance, modèle F-TRACK II, venait de s’écraser sur la planète Zombarius. Cette planète, inexplorée à ce jour, appartenait au secteur IV. Les quelques études atmosphériques, topographiques et géologiques, réalisées par des sondes orbitales, prouvaient que l’atmosphère n’y était pas respirable et que la vie n’y était pas possible. Zombarius n’était pas sur le plan de vol du vaisseau de Zack Turnbar qui n’avait donc pas pris le soin de consulter les sondes orbitales environnantes pour obtenir ces informations. Turnbar revenait d’une mission de reconnaissance qu’il avait menée sur la planète Resno et ordonnée par le Commandeur Krom. Le Lieutenant Turnbar, âgé de trente-neuf ans et ex-agent de la CIF1, devait alors accepter cette fatalité…
Pourtant, il était loin de s’imaginer ce qu’il allait découvrir. Turnbar reprit connaissance, près de deux heures après le crash, face contre terre, la visière de son casque brisée. Une odeur nauséabonde lui emplissait les narines. Cette odeur si forte lui fit reprendre connaissance d’autant plus vite. Étourdi par le choc, il se leva non sans peine. Il se sentait faible sur ses jambes. Exécutant un tour complet sur lui-même, il distingua vaguement quelques masses rocheuses, une épaisse forêt et une grande étendue marécageuse couverte d’un manteau de roseaux, d’où provenait sans doute cette odeur infecte. Une fumée et une mince lueur se dégageaient au-dessus des marais. Il venait de repérer la carcasse de son vaisseau. Turnbar, réjoui d’être en vie et de sa découverte, se mit à hurler de douleur en se frottant les yeux. Un petit éclat de verre, provenant de la visière de son casque, avait été projeté, lors du choc, dans son œil gauche.
À première vue, l’éclat ne paraissait pas important, mais la douleur était vive. Son œil ne saignait pas, mais il prit vite conscience que s’il devait le retirer cela provoquerait sans doute une hémorragie. Par des gestes lents, il se débarrassa de son parachute, qui lui sauva la vie quelques heures auparavant bien qu’il fût ouvert un peu tard, et s’avança sur les bords du marécage. La douleur raisonnait dans son crâne, mais l’obsession était plus forte : il fallait à tout prix atteindre l’épave. Elle représentait son seul refuge provisoire et pour peu qu’elle soit encore accessible, il y trouverait chaleur, nourriture, peut être bien du matériel en état de marche et surtout son robot Zed. Zed, c’est ainsi qu’il appelait, était un robot de type RS-4002 muni d’un processeur INX intelligent intégrant un module d’autoapprentissage. Avec un tel système, ce robot était ainsi capable d’adopter des raisonnements et des comportements quasi humains. Doté de quatre propulseurs latéraux articulés, il pouvait effectuer en l’air tous les mouvements possibles imaginables. De forme sphérique, il disposait également d’accessoires auxiliaires lui permettant de pratiquer des examens atmosphériques, biologiques, géologiques et bien d’autres encore… C’était son compagnon indispensable, qui de plus, était armé de deux canons laser.
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