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"- Alors le suceur, on n'a pas l'habitude de croiser une dame se battant à force égale ? Tu as besoin de temps pour te remettre ?
Une etincelle de rage scintille dans ses prunelles alors qu'il se redresse.
- Le temps, j'en ai à foison. Je me contenterais de ton sang.
- Ne compte pas là-dessus, tu as plus de chance que je t'arrache la tête pour te planter les canines dans le cul."
Afficher en entierJe m'enivre à pleins poumons de sa flagrance de bonbon avant de me pourlécher les lèvres, avide de pouvoir goûter les plaisirs qu'elle me réserve. Je me penche vers l'épiderme fragile sous lequel pulse le sang à cause de son angoisse. Je pourrais y planter les crocs, m'abreuver à loisir de son fumet sur mes papilles jusqu'à sentir son corps tiédir à mesure que je le vide de son fluide. Ma langue effleure sa saveur, je ronronne de délice. Elle remue , tentant de se libérer, ce qui amplifie mon envie de jouer avec elle.
- Ne bouge pas, jolie friandise, je pourrais t'arracher la peau du cou sans le vouloir, susurré-je près de son oreille.
Afficher en entier- N'aie pas de gêne, je te promet que si tu parles, la récompense sera à la hauteur de tes attentes.
- La seule récompense que j'escompte, c'est de voir ta face de rat en cendres, le suceur.
Afficher en entier« Chaque pas remue les cendres. Chacun d’eux me remémore pourquoi je dois poursuivre mon chemin. Les humains m’ont tout enlevé. Les humains doivent payer. »
Afficher en entierLa sueur perle sur mon front. Je suis à deux doigts de perdre connaissance tant je souffre. J’abdique à la tentation de l’évidence.
Elle est à moi. Personne ne la touchera.
Les mots ont à peine traversé mon esprit que le calvaire s’efface. Je m’écroule sur le flanc. Petit à petit, mon souffle reprend un rythme normal. Je me laisse aller en arrière tout en fixant le plafond. Je sais que je dois me relever pour aller contrôler les faits et gestes de ma captive, mais je n’en trouve pas la force, je cède à l’inconscience avec un soupir de soulagement tout en me posant une question : Quels autres pouvoirs cette démone a-t-elle sur moi ?
Afficher en entierUn sentiment inconnu, pressant, qui me coupe le souffle, s’est emparé de chaque parcelle de mon corps. Il est si puissant qu’il me paralyse sur place. Ma peau s’est subitement couverte de transpiration alors que seule sa silhouette m’apparaissait à travers le plastique rendu opaque par le temps et la crasse. Bien que l’air se soit empli des parfums ferreux de l’hémoglobine, j’ai perçu une note de chèvrefeuille parmi ces dernières et cela a empiré lorsqu’il s’est rué sur moi.
Afficher en entierLes cendres qui recouvrent l’asphalte s’envolent jusqu’à mon visage. Je remercie les cieux de posséder la capacité de cesser ma respiration sans conséquences. Cela ne serait en rien décent d’inhaler les restes de mes semblables. Ce soir, la lune est ronde et éclaire les lieux de sa lumière tamisée. J’avance au milieu de l’ancienne avenue en conquérant. Les autres terminent le boulot à l’intérieur des décombres de bâtiments. Je me délecte des cris me parvenant de chaque recoin des ruines. La fumée des incendies que nous avons allumés fait suffoquer les plus téméraires qui osent encore se cacher. Ce simple son, même atténué, gagne les oreilles de mes hommes qui les débusquent pour faire le tri. D’ailleurs, en parlant de tri, je m’arrête au lieu de rassemblement où des dizaines de paires d’yeux vitreux me fixent.
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