Ajouter un extrait
Liste des extraits
Je baisse légèrement la tête pour essuyer mes larmes, inspire profondément puis me redresse. Étant submergée par des sensations étranges, je me sens légèrement « bizarre ». Je ne sais comment l'expliquer. C'est sans doute l'arrêt brutal de ma course qui en est la cause. L'individu me regarde curieusement comme s'il essayait de décrypter les émotions qu'il pouvait apercevoir à travers mon visage.
Afficher en entierLe lendemain matin, fraîchement réveillée, j'enfile ma tenue de sport adéquate, attache mes cheveux en queue de cheval et pars courir le long de la plage avec mon lecteur MP3 en mode aléatoire. C'est avec la chanson One More Night de Maroon 5 que je commence cette journée.
Afficher en entierNous continuons de discuter, même si nous nous sommes vues aujourd'hui. Avant de raccrocher, on se promet de rester en contact. Nous sommes inséparables, tout comme avec ma cousine que j'ai hâte de retrouver demain. La solitude ne me réussit guère. Je ne veux pas ressasser à nouveau des souvenirs douloureux. Sachant très bien qu'une fois réunies toutes les deux, l'ambiance sera bien plus joyeuse et c'est exactement ce dont j'ai besoin.
Afficher en entierJ'admire ce paysage auquel mes souvenirs ne faisaient pas honneur. C'est un spectacle magnifique qui s'offre à moi et qui me manquait terriblement. Je longe cette plage longue de plusieurs kilomètres, les pieds dans l'eau avec mes chaussures à la main. Les falaises qui la bordent sont de plus en plus surprenantes, rongées par l'érosion au fil des années.
Afficher en entierMa sœur Séverine, de deux ans mon aînée, est partie vivre près d'Orléans pour ses études. Assez solitaire dans l'âme, nous ne la voyons que très rarement. En ce qui concerne mon petit frère Mickaël, âgé de deux ans de moins, il est apprenti serveur dans un hôtel restaurant 3 étoiles. Autant dire que c'est un véritable coup de vent chez nous. C'est aussi pour ces raisons que je m'inquiète pour elle. Je sais très bien que la solitude lui pèse depuis ce jour.
Afficher en entierAprès plusieurs heures de trajet, me voici enfin de retour à Pénestin. Pendant mon enfance, nous nous retrouvions en famille l'été dans cette ville. J'en ai gardé de formidables souvenirs : la pêche aux crabes, crevettes, berniques et autres coquillages sur les rochers. Nos repas festifs, tous réunis, les baignades et crises de fous rires sur la plage : c'était le bon vieux temps !
Tout a bien changé depuis. Mes parents ont divorcé et nous n'y sommes plus retournés avec la même joie de vivre. D'ailleurs, un an après, nous n'y avons plus mis les pieds. Les années qui ont suivi, ma grand-mère n'a plus repris son emplacement dans le camping où nous avions grandi, toutes nos réunions n'avaient plus le même goût.
Afficher en entierJ'ai les cheveux mi-longs châtain clair. Un visage allongé parsemé de quelques taches de rousseur sur les pommettes et le nez. Mes yeux sont un peu cernés, dus à la fatigue de ces derniers jours, et rougis. Certaines personnes trouvent que je ne fais pas mes vingt ans, me reprochant d'avoir encore le visage d'une enfant. C'est sans doute ma sensibilité qui me fait paraître plus jeune.
Afficher en entierNos regards se croisent et nous n'avons pas besoin d'en dire plus pour savoir à qui nous pensons. Toutes les deux, nous entretenons une relation mère-fille assez complice. Elle est toujours aussi belle avec sa chevelure légèrement ondulée de la même teinte que la mienne. J'ai également hérité de ses yeux noisette pour mon plus grand plaisir. Il n'y a que ses quelques rides qui trahissent ses quarante-cinq ans.
Afficher en entierOn me l'a arraché brusquement, tandis que l'on commençait seulement à se connaître, à partager enfin des moments ensemble. Il est parti il y a plus de six mois. J'ai arrêté de compter. Pourtant, la douleur est toujours présente, parfois elle sommeille jusqu'à l'oublier, mais je sais qu'à chaque instant elle peut se réveiller brutalement. Ne pas avoir réussi à faire mon deuil normalement pour protéger ma mère n'a sans doute pas arrangé les choses. Je ne voulais pas qu'elle me voie pleurer, sachant pertinemment combien c'était déjà dur pour elle. Je ne la croyais pas aussi forte. En tout cas, moi, je ne suis pas aussi forte qu'elle.
Afficher en entierNouvel extrait - Chapitre 1 -
"Savourant enfin le calme de cette fin de journée, je dépose ma sacoche à mes pieds et observe le décor tout autour de moi. Ma chambre est plutôt sobre et fonctionnelle : un lit deux places accompagné d’une armoire, un bureau ainsi qu’une petite bibliothèque où j’entrepose mes cours. Les tons jaune pastel du papier peint égayent un peu la pièce avec tout mon mobilier en bois blanc.
Depuis mon emménagement, je n’ai pas voulu y ajouter une touche personnelle. « Pourquoi ? » me diriez-vous, pour la simple raison que je n’apprécie pas cette demeure. Ici, je n’aurai jamais de souvenirs avec lui. Nous nous y sommes installés juste avant que tout bascule.
Ma première année de BTS s’achève, malheureusement en y repensant, c’est surtout la perte de mon beau-père qui me vient à l’esprit : Richard, dont j’étais très proche. Devenu un deuxième père pour moi, il avait réussi à combler un gouffre sentimental. Je l’avais déjà adopté la toute première fois où nous nous sommes rencontrés. Il avait un charisme fou et un petit quelque chose qui m’apaisait : l’image rassurante d’un père aimant et présent.
C’était la première fois que quelqu’un s’intéressait à mes paroles. Comme si j’étais importante, et pas seulement la deuxième fille de la famille. C’est difficile à expliquer, mais c’est exactement ainsi que je le ressentais : ne pas être vue comme une adolescente, mais plutôt comme une jeune femme.
Depuis la séparation de mes parents, j’essayais de retrouver mon équilibre et ma place au sein de ce foyer. Mon géniteur est sorti de nos vies précipitamment, se consacrant exclusivement à sa nouvelle famille. Grâce à Richard, je pense qu’une partie de moi reprenait doucement vie. À présent, j’ai perdu mon père une seconde fois, sauf que cette fois-ci, je n’arrive pas à remonter la pente.
On me l’a arraché brusquement, tandis que l’on commençait seulement à se connaître, à partager enfin des moments ensemble. Il est parti il y a plus de six mois. J’ai arrêté de compter. Pourtant, la douleur est toujours présente, parfois elle sommeille jusqu’à l’oublier, mais je sais qu’à chaque instant elle peut se réveiller brutalement. Ne pas avoir réussi à faire mon deuil normalement pour protéger ma mère n’a sans doute pas arrangé les choses. Je ne voulais pas qu’elle me voie pleurer, sachant pertinemment combien c’était déjà dur pour elle. Je ne la croyais pas aussi forte. En tout cas, moi, je ne suis pas aussi forte qu’elle.
[...]"
Afficher en entier
