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Je ne peux pas la laisser là mais je ne peux pas non plus rester avec elle. Massoud attend dans la voiture et nous devons rentrer au QG. Je lui touche à nouveau la main, puis lui prends le bras et la secoue un peu.
— Khahar, khahar, ma sœur, je dis. Lève-toi, il faut te lever.
Elle ne bouge pas mais n’a pas l’air blessée, pour autant que je puisse le dire, à part une bosse sur le côté du front.
Ses jeans et son tee-shirt qui paraissent sous son manto
– son court pardessus – ne portent pas de traces de sang. Je lui prends le bras et la secoue à nouveau, puis elle bouge et tente de se relever. Je lui lâche le bras et elle retombe en arrière, les yeux ouverts à présent. Elle sursaute en me voyant, se rassied et commence à supplier.
— Agha, monsieur, laissez-moi partir. Je n’ai rien fait, j’étais venue rendre visite à mon oncle et j’ai été prise dans le choloughi, l’agitation.
— C’est sûr, je réponds, ironique. Je te crois. Et comme par hasard, la maison de ton oncle se trouve juste là, en plein milieu des manifs. De toute façon, tu ne peux pas rester là. Dis-moi où il habite et je t’y conduirai.
Muette, elle évite mon regard. D’une main, elle tâte derrière elle pour trouver son foulard qu’elle ajuste sur ses cheveux
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