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Plus les gens sont petits et plus leur prétention est grande.
Afficher en entierUn autre garçon arrive avec le thé glacé, tenant la carafe avec autant de cérémonie qu'il le ferait pour un grand bourgogne. Je m'attend presque à ce qu'il fasse goûter le breuvage à Djamshid mais il y a quand même des limites au cérémonial possible dans un restaurant de la capitale de la république islamique.
Afficher en entierA la minute où j'ai entendu des pas derrière moi, j'ai attrapé une serviette pour cacher mon maillot mais c'était seulement Kian, tout juste sorti de la piscine et trempé, qui s'est secoué sur moi, me faisant crier. Je déteste le fait que même quand nous sommes en train de nous amuser, il y ait toujours cette peur diffuse de quelque chose qui peut arriver, des officiels faisant irruption et nous attrapant en train de faire ce que nous ne considérons pas comme mal mais eux, si, puisque pour eux, tout est mal. Nous nous sentons toujours coupable, nous avons le sentiment que nous commettons des péchés impardonnables...
Afficher en entier"Vaut-il mieux supporter une vie difficile sous un régime que l'on méprise et rester dans son propre pays ou bien partir et passer le reste de sa vie à en garder la nostalgie et comparer sans fin le neuf avec le vieux, trouvant toujours le neuf en deçà de ses attentes?
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- Khamenei est fini s'il montre ce genre de faiblesse. Tu te souviens de cette phrase de Tocqueville que j'aimais souvent citer, que les mauvais régimes tombent quand ils essayent de se réformer?
.... Cette obsession pour le sexe est infinie, dit-elle encore
....Peut-être que seuls les autres peuvent voir clair en nous, peut-être que ce que nous voyons de nous-même n'est qu'une partie de nous sommes. si je pouvais mettre ensemble toutes les images de moi qu'ont les autres, est-ce que cela me rapprocherait de ma propre réalité?
....Avant, le peuple avait peur du régime, maintenant ça va dans les deux sens et le régime a peur des gens, ne sachant pas jusqu'où il peut les pousser avant de risquer l'explosion, donc, contre toute logique, il les pousse encore davantage.
Afficher en entierJe ne peux pas la laisser là mais je ne peux pas non plus rester avec elle. Massoud attend dans la voiture et nous devons rentrer au QG. Je lui touche à nouveau la main, puis lui prends le bras et la secoue un peu.
— Khahar, khahar, ma sœur, je dis. Lève-toi, il faut te lever.
Elle ne bouge pas mais n’a pas l’air blessée, pour autant que je puisse le dire, à part une bosse sur le côté du front.
Ses jeans et son tee-shirt qui paraissent sous son manto
– son court pardessus – ne portent pas de traces de sang. Je lui prends le bras et la secoue à nouveau, puis elle bouge et tente de se relever. Je lui lâche le bras et elle retombe en arrière, les yeux ouverts à présent. Elle sursaute en me voyant, se rassied et commence à supplier.
— Agha, monsieur, laissez-moi partir. Je n’ai rien fait, j’étais venue rendre visite à mon oncle et j’ai été prise dans le choloughi, l’agitation.
— C’est sûr, je réponds, ironique. Je te crois. Et comme par hasard, la maison de ton oncle se trouve juste là, en plein milieu des manifs. De toute façon, tu ne peux pas rester là. Dis-moi où il habite et je t’y conduirai.
Muette, elle évite mon regard. D’une main, elle tâte derrière elle pour trouver son foulard qu’elle ajuste sur ses cheveux
Afficher en entierNous vivons dans une société où existent trop d'impossibilités. Comme tout le monde ici, nous ne disons pas ce que nous pensons et osons parfois à peine penser, de peur des conséquences, des représailles, de châtiments. Nous transposons dans notre vie privée les habitudes que nous avons prise dans notre vie publiques. Je me sens étouffée de ne jamais pouvoir exprimer ce que j'ai dans mon cœur. Je suis oppressée par toutes ces années à toujours faire attention, à toujours essayer de sentir les limites de ce que je veux dire ou être.
Afficher en entierTu imagines, au départ, quand on faisait une lessive dans une laverie, on n'avait pas le droit de mettre les vêtements des hommes et des femmes dans la même machine.
Afficher en entierMais ça me fait de la peine de voir un peuple si intelligent et talentueux tomber dans tous ces pièges mentaux, n’utilisant pas du tout son cerveau mais répétant les modèles qui ont détruit ce pays et peut-être même la région entière depuis des siècles… des siècles… J’ai des tas d’idées sur la façon dont tout ceci est arrivé et puis … A dire vrai, c’est surtout notre perception qui me gêne, le fait que nous soyons toujours dans le déni. Nous disons que nous adorons l’Iran et les iraniens mais la façon dont nous nous comportons les uns avec les autres raconte une histoire bien différente.
Afficher en entierC'est ça l'Iran, dit Djamchid. Un tissu de contradictions. Khomeini a bien essayé d'effacer notre histoire avant le septième siècle et la conquête arabe mais ça n'a pas marché, le peuple ne l'a pas accepté. Donc le régime a entrepris de glorifier le passé encore plus que le chah en son temps. Maintenant, on parle régulièrement des anciens rois de l'empire perse et on emmène les hôtes officiels visiter Persépolis. Incroyable !
Afficher en entier- Qu'est-ce qu'ils disent ? demande ma mère.
- Marg bar diktator, mort au dictateur, dit Pari.
- Lequel ? demande ma mère.
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