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J'ai mis du temps à t'écrire. De toute manière, t'as toute la mort pour me lire. Et la mort, ça dure longtemps. J'ai mis du temps, sûrement parce que je n'avais plus que mes larmes, que je ne trouvais pas les mots. J'avais mis du temps à t'écrire parce qu'on ne sait jamais quoi dire dans ces cas-là. D'abord, on veut s'excuser. Et puis, on se dit qu'on n'a rien fait. D'abord, on veut mourir. Et puis, on se dit qu'on doit rester vivant, même si le monde tombe en ruine. Même si la vie n'a plus de sens. Même si on ne sait plus où se mettre pour pleurer.
[...]
J'ai mis du temps à t'écrire parce qu'on ne sait jamais quoi dire aux morts. On espère qu'ils sont bien là où ils sont. On se morfond, en se demandant pourquoi. J'ai mis du temps à t'écrire, parce que je dois tout te dire et que je n'ai rien à te dire. Je n'ai ni à m'excuser, ni à t'en vouloir. Je n'ai ni à te demander des explications, ni à te demander de revenir. Se donner la mort, c'est vouloir mourir. Et aimer quelqu'un, c'est accepter sa mort. J'ai mis du temps à comprendre tout ça. Il m'a fallu bien des silences pour réfléchir.
Se brûler n'est-ce pas une façon de s'effacer complètement ? Se brûler, cela veut-il dire se renier ? Et finalement, est-ce que t'as été heureux, même peu de temps, dans ce monde d'en bas ? Est-ce que tu nous vois de là où t'es ? J'ai toutes ces questions que je ne te poserai jamais.
Afficher en entierAvant de commencer les jeux de rôles, je demandais à chacun de me dire en quel animal il se voyait, s'il avait le choix, dans une autre vie. Il a pas hésité. Il nous a tous regardés, il a dit phénix. L'oiseau de feu. Celui qui renaît de ses cendres. Je n'avais pas entendu plus brillante intervention.
Afficher en entierJe retrouverai un bout de moi, qui s'était échappé avec lui. Je pourrai, à nouveau, le serrer contre moi, sentir son odeur et redécouvrir ses yeux.
Il est parti. Mais je sais qu'il ne reviendra pas.
Afficher en entierChaque fois que quelque chose a bougé dans ce monde, ça a toujours été pour le pire. Voilà pourquoi personne ne bouge : personne n'aime provoquer l'avenir. Faudrait être fou pour provoquer l'avenir.
Afficher en entierIl a les yeux bleus, mais un vrai bleu, un bleu profond, celui des mers ou des ciels trop beaux, qui n'en finissent jamais. Il a la tête rasée de près, le visage d'un homme aux paupières boursouflées, presque la tête d'un aventurier qui n'a pas peur de ses lendemains. Sa silhouette ne passe pas inaperçue, on la remarque, même s'l veut se glisser dans les courants. Il a son sourire top blancheur, dents alignées, où se reflètent les étoiles, à faire craquer les cœurs timides. Il me bouscule, alors il s'excuse. Ça tient à rien, parfois, les rencontres. Il me dit qu'il part vers l'amour. Je lui dis que c'est un long chemin. Il me dit, non, c'est juste là.
Moi j'attends.
Afficher en entierJe me suis levé, je savais que j'étais condamné à rester réveillé, toutes les nuits quand toutes les rues sont pourtant éteintes. Désormais, je ne pouvais ni rêver ni être hanté par un cauchemar. La nuit était mon fardeau, il fallait faire avec. Et l'obscurité m'angoissait.
Afficher en entierIl fallait bien trouver un point de chute.
Quand les choses ne vont pas comme elles devraient, il faut partir. Quand il y a le feu. Quand l'eau commence à monter, presque pour te noyer, il faut s'enfuir. Il ne faut pas rester. Quand la nature ou le destin te demande, gentiment, de tracer ton chemin. C'est écrit, c'est comme ça. C'est le moment.
Il fallait bien trouver un point de chute.
Afficher en entierImmoler, verbe transitif
(latin immolare, sacrifier)
- Faire périr quelqu'un, un groupe, concourir à la mort, au massacre d'un grand nombre de personnes.
- Sacrifier quelqu'un, quelque chose ou les abandonner dans un esprit de sacrifice, pour satisfaire une passion, une ambition, une exigence morale.
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