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« Il soupira avant de se rapprocher de moi, presque félinement, avec grâce, malgré sa carrure plutôt impressionnante et me colla doucement mais fermement contre le dossier du canapé. Il appuya mes mains, de ses genoux, sur l’assise et se pencha au-dessus de moi, m’obligeant à relever la tête afin de fixer ses yeux, qui s’illuminaient.
– Et si on parlait d’autre chose que de Liam ? Me proposa-t-il, d’une voix douce et ferme ; d’une voix chaude comme de l’or liquide, alors que sa langue traçait un sillon humide de ma mâchoire jusqu’à mon oreille.
Le bougre, il savait à quel point j’étais sensible à ces endroits, m’empêchant de penser comme il l’aurait fallu.
– Autre chose ? Déglutis-je.
– Moui… Ou on peut tout aussi bien ne pas parler…
Sa bouche vint trouver la mienne, pour mordiller doucement mais sévèrement mes lèvres. Nos langues se trouvèrent, habituées à se retrouver ensemble et Blake suçota la peau douce. Il savait que j’aimais ça. »
Afficher en entierQuelques heures plus tard, j'étais installé devant le bureau collé à un des murs du salon, pianotant sur l'ordinateur de Blake. Depuis ma majorité, atteinte il y avait deux ans à peine, je ne fréquentais plus l'ER – École de Régulation – où j'avais effectué toute ma scolarité. Je n'avais pas que des mauvais souvenirs liés à cet institut, réservé aux Calices, au contraire. Les cours, hormis ceux qui nous apprenaient à être de bons Calices obéissants et serviables, me manquaient.
Afficher en entierLe petit-déjeuner était prêt, déjà déposé sur la table mais je ne fis que contempler la cruche de lait. Ma fatigue m'assommait encore, mes yeux vert forêt lourds de sommeil et rouges d'avoir pleuré toute la nuit. D'avoir hurlé et pesté contre des Hautes Sphères que je ne connaissais même pas et un Système dont je ne comprenais rien.
Non vraiment, je n'étais pas du matin.
Et encore moins aujourd'hui.
Encore moins après avoir appris la mort de la personne la plus chère à mon cœur, après mon petit-ami. Je n'arrivais toujours pas à y croire. Ce n'était pas possible.
Jamais.
Il ne pouvait pas mourir, pas maintenant. Et encore moins comme ça.
C'était impossible.
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