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Sous la glace, Peggy souriait et tournait lentement sur elle-même. Elizabeth était certaine que Peggy était morte. Elle ressentit un vif accès de tristesse... si douloureux qu'elle faillit se plier en deux. Le visage de Peggy était si proche, juste quelques centimètres sous la glace; pourtant elle était déjà si loin. Pour Peggy, ce serait toujours trois heures cinq, le vendredi 23 février 1940, et jamais plus tard.
Afficher en entierElle s’était souvent demandé d’où venaient ces personnages imaginaires. Un jour, au cours d’un dîner littéraire, quelqu’un avait affirmé qu’ils étaient tous ces gens qui n’étaient jamais nés… soit parce que leur parents potentiels ne s’étaient pas rencontrés, soit parce qu’un spermatozoïde était arrivé bon second dans sa course vers l’œuf, soit pour quelque autre raison. « Imaginez que vous n’ayez jamais été conçu, simplement parce que votre père s’est disputé avec votre mère qui avait saboté le dîner… alors ils n’ont pas fait l’amour cette nuit-là… et votre chance est passée pour toujours. A moins, bien sûr, que vous ne parveniez à faire sentir votre présence dans l’imagination d’un écrivain, d’un auteur de romans. Une vie sur des pages imprimées vaut mieux que pas de vie du tout, non ? »
Afficher en entier- […] Vous vous souvenez de Dean dans Fruit amer, et de ce qu’il dit à Cory ? « L’amour ça n’existe pas, Cory… il n’aurait jamais pu exister, si ce que j’éprouve pour toi n’était pas de l’amour. Antoine et Cléopâtre, qu’est-ce qu’ils ont eu ? De la sueur, des rêves d’empire, et des serpents. Roméo et Juliette, ne me fais pas rire ! Des amours enfantines, des parents toujours sur leur dos, et des fleurs fanées. Casanova ? Des chancres sur la queue, et des gueules de bois, c’est tout ».
Ils terminèrent la citation à l’unisson, d’une voix douce et hilare.
- « Mais ce que nous avons, c’est l’amour, Cory. L’amour qui est éclairé par nos cigarettes rougeoyantes et le plafonnier de la voiture, l’amour qui réunit nos silhouettes, de telle sorte que nous ne formons qu’un, de telle sorte qu’une personne roulant dans la nuit est incapable de dire où finit Cory et où commence Dean. »
Afficher en entierIls se trouvaient à moins de cinquante mètres du semi-remorque lorsque Jim bloqua les freins. Cela ne servait à rien, bien sûr. A cette vitesse, la Pontiac ne se serait pas arrêtée avant un kilomètre.
- Maman ! s’écria Jim. (Entre toutes les choses qu’un producteur à succès d’Hollywood aurait pu crier dans un tel moment.)
Afficher en entier- […] Croyez-moi, Lizzie, dans un recoin de notre esprit il y a un autre monde, avec d’autres gens dedans. Ils existent parce que nous voulons qu’ils existent. Il nous suffit de fermer les yeux et de penser à eux, et ils sont là. Vous pouvez vraiment les voir. Vous pouvez vraiment les décrire. Vous pouvez les entendre parler et sentir leur parfum. A tous égards ils sont réels, Lizzie. Ils sont tout à fait réels.
Afficher en entierLes humains, quant à eux, sont capables de créer des mondes infinis dans leurs têtes. Ils peuvent imaginer qu’ils sont d’autres personnes. Ils peuvent même imaginer qu’ils sont des animaux. Un humain peut créer un monde imaginaire, peuplé de personnes imaginaires, et le coucher sur le papier, et ce monde peut ensuite être recréé, avec certaines modifications personnelles, dans l’esprit d’un autre humain. L’imagination est capable de créer sa propre humanité.
Afficher en entierMême dans la réalité, certaines personnes se voient accorder des rôles principaux, tandis que d’autres ne sont que des personnages de second plan.
Afficher en entierDis-le-nous, d'une manière ou d'une autre, juste un chuchotement, ou écris ton prénom sur la vitre couverte de givre... nous pensons à toi toute la journée, chaque jour, et nous t'aimons toujours autant. Nous ne laisserons personne jeter Mister Bunzum à la poubelle, c'est promis. Nous te pleurons tout le temps, mais nous savons que tu es certainement heureuse.
Afficher en entierElles se regardèrent. Leurs yeux étaient humides, même si elles ne pleuraient pas. Ce fut à ce moment qu'elles eurent la certitude que Peggy les avait quittées pour toujours, que Peggy était un ange, et de façon étrange, elles se sentirent abandonnées, parce que maintenant elles devraient vivre leur vie toutes seules.
Afficher en entier"C'est exact. Aujourd'hui nous employons le mot glamour pour désigner une beauté illusoire. Mais glamour vient en fait du mot écossais gramarye, lequel signifie changement de forme magique, tel que la pratiquaient les sorcières. Pour ce croire, elles nouaient autour de leur cou une corde faite de poils d'animaux tressés et la serraient jusqu'à ce que la respiration soit bloquée et qu'elles manquent d'oxygène. En d'autres termes, elles se mettaient dans un état proche de la mort."
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