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Résumé
Premier livre de poésie de Karim Kattan, écrivain palestinien d’expression française né en 1989, Hortus conclusus, le « jardin enclos » du Cantique des cantiques, nous offre une sorte de territoire idéal où le rêve rejoint la brutalité du réel (à moins que ce ne soit l’inverse). Alternant vers et prose, ces textes pleins d’humour, d’érotisme et de féerie lyrique, tissés comme des madrigaux, nous emmènent quelque part entre un couvent niché dans le village d’Artas et une vallée de roses sauvages, aujourd’hui disparue. On pourra y croiser d’orgueilleux Babyloniens « beaux comme des Babyloniennes », des fantômes sur une route la nuit, un check-point sur la lune, l’Hôtel Mirage, un oiseau du Waqwaq derrière une baie vitrée, une sorcière d’Endor ; dans la chambre de la peur, des étoiles en plastique « qui ne brillent même pas », Pasiphaé en rut, une enfance perdue où l’herbe pousse, le « mille-millième étage » d’une mégalopole, la lumière de l’aube, toujours, comme un désir. Et partout le double du monde « tremblant, malade et hanté » ; et peut-être, au cœur de l’anéantissement actuel : le lieu de toutes les retrouvailles.
Clément Bondu
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