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La modernité du texte repose à mon sens sur différents éléments. Dans la forme narrative tout d’abord. Le huis-clos sert à développer la tension psychologique à l’intérieur du récit. La créature elle-même apparait peu souvent, mais chacun sait qu’elle rôde. La lente paranoïa et la folie qui gagnent progressivement les hommes fournissent la composante horrifique du texte bien plus que la confrontation ou l’aspect gore que peuvent parfois, mais si peu, prendre les scènes les plus directes. Cependant, jamais Campbell ne joue la surenchère du vocabulaire. Nous sommes ici à des lieues de l’indicible lovecraftien. Les descriptions sont factuelles, objectives, quasi-cliniques. La tension ne repose jamais sur des effets de style mais sur des faits. Ce qui en soi est un choix stylistique. Parlerions-nous de hard-SF ?
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