Ajouter un extrait
Liste des extraits
Il était venu la voir encore un peu plus tôt et ils avaient discuté de quelque chose qu’ils leur tenaient à cœur. Elle avait dit être fatiguée et que demain il devait absolument lui dire que c’était fait ; et elle s’était endormie à tout jamais.
Afficher en entierDes larmes coulaient le long de son visage, il s’était assis sur la chaise près du lit de sa mère et lui tenait la main en baissant la tête, le poing gauche serré en appui sur son front comme s’il voulait se frapper alors que la souffrance s’était déjà emparée de son cœur et de son corps.
Afficher en entierAprès quelques minutes, il se leva et embrassa sa mère sur la bouche :
− Je t’aime maman… Excuse-moi…
Afficher en entierIl s’en amusait et lui dit de ne pas s’inquiéter car il savait très bien où voulait en venir sa sœur en la prenant comme excuse : elle avait fait le coup avec Kylan et Alicia qui lui en avaient parlé. Les enfants s'en amusèrent en voyant le visage de leur tante feignant à nouveau d'être fâché. Ils aimaient bien écouter les conversations des grands, surtout quand ça concernait leur papa. Mais lui se tut jusqu’à ce qu’ils finissent leur verre et repartent jouer.
− Tu peux arrêter tes enquêtes ! Je ne te dirai rien ! Pas pour le moment en tous les cas.
Afficher en entierQuand Natalie affirma encore ne plus vouloir fréquenter dans l’immédiat, Sarah prit alors son air le plus jovial — et surtout bien hypocrite — pour demander à son grand frère quand il leur présentera la femme qui occupait son esprit. Celui-ci l’observa un peu surpris mais resta muet, tout en lui adressa un petit sourire moqueur. Comme à son habitude !
Mais Sarah ne s’en laissa pas conter et continua en disant que même Natalie avait remarqué qu’il était plus ouvert depuis qu'il était amoureux… La complice involontaire lui adressa un regard médusé : elle n’avait jamais rien dit de tel, enfin pas comme cela ! Mais n’aurait surtout pas pensé qu’elle évoque leurs échanges sur son frère. Elle se tourna vers lui et fut gênée de croiser son regard perçant.
− Je n’ai pas voulu me mêler de ta vie privée… Sarah !
Elle dévisagea son amie, comme pour lui dire : « Tu vois dans quelle situation tu me mets ! »
Afficher en entierElle sourit encore de les voir si attentives à sa vie amoureuse et à se renseigner si elle était heureuse. Puis elles lui demandèrent sans détour si elle n’avait pas quelqu’un d’autre en vue. Elle s’en amusa et leur répondit que pour l’instant elle resterait célibataire !
La discussion s’orienta alors sur Joseph car Sarah voulait profiter de son absence pour parler de lui et « confirma » qu’il serait bien amoureux, ou tout au moins verrait quelqu’un. Elle en était ravie et cela expliquerait pourquoi il était plus gentil en ce moment, et continua son commentaire en disant qu’elle n’avait pas réussi à savoir qui était cette femme, ni son nom… Rien ! Son frère était muet comme une tombe ! Elle le regardait en faisant de gros yeux, comme fâchée contre lui et cela fit bien rire ses voisines. Elle leur avoua aussi avoir essayé de faire parler les enfants.
− Je n’en suis pas fière mais il faut bien utiliser tous les moyens possibles, parce qu’avec mon frère je peux me lever de bonne heure pour qu’il me raconte sa vie sentimentale ! Et toi, il ne t’a rien dit dans l’avion ?
− Oh sûrement pas ! fit Natalie en riant. On s’entend beaucoup mieux mais on n’est pas encore au stade de tout se dire là-dessus.
− Dommage. Ça viendra peut-être, déjà que ce matin il était dans ton lit.
Natalie sentit le rouge lui monter aux joues et regarda son amie avec embarras.
« Enfin tu m’as comprise ! Vous commencez à avoir des liens plus proches s’il a accepté de venir vous rejoindre toi et les enfants… dans le lit ! »
Laurence s’amusait de la gêne de son amie française et continua pour la taquiner elle aussi :
− On l’aurait vu sortir seul de ta chambre et en pyjama… Hum, je ne sais pas si l’on n’aurait pas eu quelques idées !
Elle regarda sa belle-sœur et toutes les deux se moquèrent gentiment.
Afficher en entier− Comment voulez-vous que ça soit autrement, on vous aime tous si fort !
La malade la scruta avec attention et grande affection. Natalie ressentait le douloureux serrement de son cœur, puis vint à nouveau se blottir dans ses bras.
− Sèche tes larmes. On ne va pas passer nos derniers moments à pleurer ! Tu veux me faire pleurer ! ?
Elle faisait semblant d’être fâchée et sa visiteuse lui offrit un sourire peiné.
− Oh non ! Certainement pas… Elle se tourna vers Joseph pour lui sourire et vit son regard troublé. Je vous laisse en tête-à-tête. Je vais boire un petit verre pour me remettre de tout ça ! Vous me permettez de toucher à votre petite réserve ! ?
Elles se sourirent, amusées par la petite blague sur ce besoin de réconfort alcoolisé.
− Oui mais tu m’en laisses une petite goutte ! répondit-elle du tac au tac.
− C’est promis !
Elle s’avança pour lui faire un tendre bisou et prévint Joseph qu’elle enverrait ses enfants. Il la remercia et avec sa mère la regarda sortir après un dernier petit signe de la main. En refermant la porte de la chambre, son cœur battait à tout rompre, les retrouvailles avaient été fortes émotionnellement : elle aurait bien besoin d’un petit verre quand même !
Afficher en entier− Je ne suis pas ici pour une visite de courtoisie. Ma mère et ma famille m’ont expliqué pour vous, vos différentes rencontres depuis vendredi et votre étrange façon de ressembler à ma sœur…
Elle sursauta à ces derniers mots : comme si elle avait fait exprès de lui ressembler ! En avalant sa salive, elle se demanda ce qu’il allait encore lui dire ?
« Mais je ne veux plus que vous importunez ma mère ! ordonna-t-il sèchement avant de lever une enveloppe marron qu’il tenait à la main. Voilà 200 000 roupies, environ 5 000 € de votre pays d’origine… Ça devrait vous dédommager pour votre prestation. S’il vous faut plus pour oublier ma mère, je vous ferai parvenir un complément. Dites-moi votre prix ! »
Elle le fixa avec stupéfaction, la bouche bée, puis son regard se porta sur cette main autoritaire qui lui mettait l’enveloppe sous le nez l’air de dire : « Prends-la et casse-toi de notre vie ! »
− Quoi ! ? Vous voulez me donner de l’argent pour que je n’aille plus voir votre mère ! ?
− Exact, vous comprenez rapidement, ironisa-t-il l’air méprisant. Je ne sais pas ce que vous avez pensé pouvoir saisir comme occasion, mais je peux très facilement l’imaginer. Mais il n’est pas question que je vous laisse faire, ni que vous ne traumatisiez plus encore ma mère. Cette comédie s’arrête aujourd’hui !
Afficher en entier
