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À Bucarest, dans les années 1960, le narrateur, nommé Mircea, crée de toutes pièces un pays imaginaire. Un monde de merveilles et de cauchemars, truffé de passages cachés, de tapisseries envoûtantes et de papillons prodigieux. Il nous entraîne dans un voyage mystique à travers son enfance, ses souvenirs d'hospitalisation à l'adolescence, la préhistoire de sa famille, un cirque itinérant, la police secrète, des armées de zombies, des pilotes de chasse américains, la scène jazz underground de La Nouvelle-Orléans et la mise en place du régime communiste. Cet univers kaléidoscopique, à la fois étrangement familier et radicalement nouveau, est une expérience dont le lecteur sort secoué et transformé. L'Aile gauche est le premier volume de la trilogie "Orbitor".
Afficher en entierSi je fermais les paupières, je voyais les dizaines de statues que j'avais regardées dans les yeux et j'essayais de comprendre ce que pouvait être la pensée des personnages de bronze verdi et de pierre, ces hommes illustres auxquels des muses replètes tendaient des plumes d'oie ou des couronnes de laurier du même vert-de-gris. De comprendre aussi comment ces femmes au vagin de marbre pouvaient faire l'amour. Mais, tard dans la nuit, à l'heure où les bus rentraient au dépôt, les grands hommes descendaient de leur socle, attrapaient les muses par les cheveux et les culbutaient dans les buissons. Les pénis de métal poli les pénétraient, entre les lèvres de pierre humectées par la rosée de la nuit. Les atlantes s'accouplaient avec les gorgones de plâtre au nez cassé, sans se soucier des balcons qui s'écroulaient avec leurs oléandres en pot. Labyrinthe aux nombreux passages secrets, Orbitor (« aveuglant » en roumain) est un roman de mondes parallèles, peuplé d'extraordinaires chimères animales ou humaines. Tel un médium, le narrateur nous conduit à travers les paysages de différentes époques, comme en des cercles concentriques du rêve et de la mémoire.
Afficher en entierPendant qu'aux États-Unis on écoute du rock'n'roll, que l'on pleure la mort de J.F.K. tout en rêvant d'une Nouvelle Frontière aux couleurs lunaires, à Bucarest le jeune Mircea crée de toutes pièces un pays imaginaire, bien plus effrayant que celui de Peter Pan. Un monde de merveilles et de cauchemars, peuplé d'extraordinaires chimères, de statues vivantes, de papillons prodigieux.
Un monde en rupture totale avec la Roumanie des années 60 et son communisme triomphant, où la moindre ruelle de la capitale devient un labyrinthe, une porte menant vers d'autres univers.
À vingt mille lieues du territoire américain, Mircea Cartarescu explore l'imaginaire d'un pays méconnu à travers les yeux de sa propre enfance. Suivant sans mal les traces de ses compatriotes, Ionesco et Mircea Eliade, il nous offre un roman d'une vertigineuse originalité.
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