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"Pourquoi? Pour qu'ils la bouffent, votre Moscou. Pour qu'il n'y ait plus de Moscou. Comme le soufre et le feu qui se sont déversés sur Sodome et Gomorrhe en punition de leurs grands péchés. Un châtiment afin que cette ville maudite paie pour tout le mal qu'elle a semé de par le monde. Un châtiment."
Afficher en entier- C'est vous, vous, qui avez libéré ce poison dans le monde, qui avez dégueulé ce mal, il est avec vous, ce sont vos maîtres, vos chefs, et vous, soit vous l'avez aidé, soit, même, si vous n'y avez pas contribué directement, vous vous êtes tenus à l'écart ou vous avez détourné le regard...
Afficher en entier- Pardonner ça à vos moscovites? D'avoir propagé un tel mal dans le monde ? Et dans quel dessein ? Pour que nous nous entre-dévorions pendant qu'eux restaient assis là, à chauffer leur trône de leur postérieur maudit ! Oubliez ça ? Non. [...] Et par-dessus le marché, vous nous renvoyez des soldats pour nous conquérir. Vous êtes de nouveau avides de terre et de pouvoir.
Afficher en entier- [...] Tu ignores tout à ce sujet, alors que moi, je sais tout. Je sais que ce qu'il y a de l'autre côté du fleuve, c'est le mal. Et ce mal n'attend qu'une chose : que nous allions le réveiller.
Afficher en entierPuis une idée lui vient à l'esprit : et s'il y avait sur son téléphone des photos de ce que tous ces gens fuyaient ?
Car ils fuyaient. Ils fuyaient une horreur inimaginable, un mal sans limites, une entité si cauchemardesque que les hommes abandonnaient leurs femmes et les femmes leurs enfants, que chacun ne pensait plus qu'à sa propre peau.
Afficher en entierPartie 2
Sur le palier du premier étage, Yégor ralentit près de la porte en simili cuir du 4ᵉ appartement. Retenant son souffle, y tend l'oreille. Entend-il sa voix à elle ? Non. L’ouïe de Yégor est excellente. Il entend les conversations de ses voisins derrière le mur. Il entend les pouces- pouces rouler et les chiens commencer À aboyer. Il entend la bouilloire qui siffle et les loups qui hurlent. Sa mère dit qu'il tient ça de son vrai père. Un cadeau stupide, dit-elle, il n'y a rien de bon là-dedans. Non, il ne l'entend pas. Il entend la babouche capriée derrière la porte en simili cuir, mais rien d'autre. Il n'aurait pas dû s'arrêter du tout. Maudissant sa tendresse, Yégor dévale les marches. descendant l’escalier à quatre à quatre. Dans le couloir, il ramasse le skateboard qui se trouve près du mur. Il le pose par terre, mais il reste sans bouger. Il regarde les fenêtres au-dessus de sa tête, celles du deuxième étage. Il n'y a rien. Pendant un instant, il y a l'impression qu'il est passé derrière la vitre. comme derrière une paroi glacée. Ses cheveux blonds lâchés, ses épaules maigres et bronzées. Il lui semble même voir ses yeux gris transparents. Ne l’a-t-il pas entendu ? L'a-t-il manqué ? Yégor lève la main et fait un signe vers la vitre, peu sûr de lui. Immédiatement, il sent que, dans son dos, quelqu'un l'observe.
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