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Extrait ajouté par feedesneige 2016-04-10T21:04:00+02:00

« Pauvre Dane ! (Sa voix est gonflée de compassion.) Une semaine plus tard, la fille quittait son travail, sans donner d’explication. Il ne comprenait pas pourquoi, jusqu’au jour où il a trouvé dans son courrier, au bureau, une enveloppe contenant une série de photos… C’est alors qu’il s’était rendu compte que la fille l’avait fait marcher, et qu’elle devait être de mèche avec un maître chanteur. Les photos – il ne me les a pas montrées, mais… (Elle aspire convulsivement.) il faut vraiment avoir perdu toute dignité pour oser prendre des photos pareilles ! Les photos étaient accompagnées du message que vous imaginez : s’il ne payait pas la somme qu’on exigeait, sa femme recevrait un jeu des mêmes photos.

« Alors, il a payé ! Et puis un autre message est arrivé réclamant encore de l’argent, et il s’est exécuté une nouvelle fois. (Elle soupire doucement.) Tout ça doit être une histoire tellement banale pour vous, lieutenant ! Il a continué de payer jusqu’à ce qu’il ait épuisé tout son argent personnel. Ensuite, il s’est servi de l’argent de la société ; en sa qualité de président-directeur général, il lui était facile d’avoir accès à certains fonds. Il m’a suppliée de lui pardonner et je l’ai pardonné. (Elle hausse légèrement les épaules.) Comme si ça comptait, pour moi, ce week-end avec une autre femme ! Comme si une pareille peccadille pouvait détruire l’amour et la compréhension fortifiés par douze années de vie conjugale avec le seul homme au monde qui ait jamais compté pour moi !

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Extrait ajouté par feedesneige 2016-04-10T21:02:44+02:00

CHAPITRE PREMIER

Perchée au bord d’un promontoire dominant les profondeurs turquoises du Pacifique, la maison correspond parfaitement à l’idée qu’on peut se faire de la résidence d’un président-directeur général. Je me gare devant son imposante façade à colonnes d’inspiration gréco-hollywoodienne, puis m’extirpe du siège baquet de ma nouvelle Jag.

Une nymphe blanc et or se matérialise soudain derrière un bosquet, éclipsant l’éclat de sa floraison exotique. L’expression légèrement renfrognée de son visage laisse entendre qu’elle conteste à un simple lieutenant de police le droit de pénétrer dans son Olympe sans avoir au préalable laissé son chapeau au satyre qui tient le vestiaire à la grille d’entrée.

Mais je me rends tout de suite compte que, influencé par cette espèce d’architecture à la grecque, je suis en train de m’embrouiller dans mes métaphores, ou dans mes mythologies. Cette nymphe-là appartient sans le moindre doute à la mythologie Scandinave et descend directement du Valhalla.

C’est le genre de blonde élancée qu’on rencontre de nos jours dans les rues de Stockholm, parmi des milliers d’autres du même type toutes disposées à partager leur smörgasbord avec vous au premier clin d’œil.

Ses cheveux couleur de blé, plats et lisses, épousent sa tête comme un casque, une frange follette adoucissant ce que cette coiffure pourrait avoir de sévère. Sous les parafes de ses sourcils finement dessinés ses yeux sont une fidèle réplique de l’océan turquoise. Les hautes pommettes, soulignées par l’ombre légère d’un méplat, le petit nez droit, le menton ferme et arrondi, tout en elle évoque les salubres bienfaits du pays du soleil de minuit.

Elle porte un pull blanc, qui a du mal à résister à la poussée provocante de petits seins d’un dessin exquis, et un short blanc, très, très court, qui la moule. Le hâle de son visage, de ses bras nus et de ses longues jambes fuselées, est d’une délicieuse couleur de miel. C’est vraiment une blonde à croquer ! N’empêche qu’à moins d’avoir perdu la raison, même un cannibale ne destinerait pas à la marmite un si beau morceau.

Le regard de ses yeux turquoise devient de plus en plus froid à mesure qu’elle enregistre l’étude à laquelle est soumise son anatomie.

— Qui êtes-vous ? demande-t-elle d’une voix tranchante. Que voulez-vous ?

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