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Le sentier descendait en pente douce, jusqu’à venir presque au niveau de la rivière. Le chant du nostor s’amplifiait en même temps, et les reflets bleus se faisaient plus intenses. Le chemin était étroit, souvent pénible. En traversant une région difficile, Thierry glissa sur une pierre moussue, et son pied droit plongea dans la rivière.
« Retire ton soulier tout de suite », s’écria Kouroun.
Thierry regarda son pied en riant et fit signe que non, en secouant la tête. On voyait, sur sa chaussure, cinq ou six petites taches bleues.
« Ce n’est pas la peine, répondit-il avec insouciance. Mon pied n’a fait que passer dans l’eau. Il n’est même pas mouillé.
— Fais ce que je te dis, insista Kouroun. Le nostor est plus dangereux que tu ne le crois. Ne perds pas un instant ! »
Thierry hésita. Puis il regarda encore sa chaussure et, soudain, parut inquiet. Le nostor rongeait déjà le cuir. Chacune des taches bleues creusait un trou qui grandissait à vue d’œil.
« Ça brûle ! » dit Thierry.
Il arracha son soulier, aussi vite qu’il le put. Puis aussitôt la chaussette, qui était déjà trouée. Le cuir continuait à se ronger, comme s’il était attaqué par un acide très fort. À présent, Thierry assis sur le sol, se tenait le pied à deux mains, en serrant les mâchoires. Il était très pâle, et faisait effort pour ne pas crier.
« C’est atroce…, murmura-t-il. Ça brûle, comme si j’avais mon pied dans le feu… Je n’ai jamais eu aussi mal… »
Le soulier disparaissait peu à peu, rongé par le nostor – et on voyait déjà qu’il n’en resterait rien. Il y avait encore quelques lambeaux de cuir, et un bout de lacet.
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