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Sam aspira une grande goulée d’air et plongea. Sa tête s’immergea, juste au moment où le boudin latéral de l’embarcation explosait et laissait échapper tout son air en un brusque sifflement. L’eau se rida, en surface tandis que des balles s’enfonçaient en entraînant derrière elles un sillage d’ecume. Le canot tremblait à chaque impact, tressautant et sifflant avant de s’affaisser et de glisser sous la surface, le poids du moteur l’entraînant par la poupe.
Afficher en entierCHAPITRE I
GRANDS MARAIS DE LA RIVIÈRE POCOMOKE,
MARYLAND, DE NOS JOURS.
SAM FARGO QUITTA SA POSITION accroupie et lança un regard vers sa femme, qui était debout, couverte de boue noire jusqu’à la taille. Ses hautes cuissardes jaunes formaient un contraste séduisant avec ses cheveux auburn lustrés. Elle sentit son regard, se tourna vers lui, pinça les lèvres et écarta d’un souffle une mèche de cheveux de sa joue.
Afficher en entierSam et Remi connaissaient bien sûr la légende de Patty Cannon. Cependant, en l’absence de pistes solides, ils reléguèrent le dossier parmi les affaires susceptibles de les intéresser un jour ou l’autre. Mais l’apparition de la broche d’Henrietta Bronson et les quelques données précises dont ils disposaient enfin les décidèrent à s’attaquer au mystère.
Ils procédèrent à une étude détaillée de la topographie historique de la région et examinèrent la carte des caches probables de Martha en tenant compte du lieu de découverte du bijou. Ils purent ainsi réduire leur champ de recherche à une zone d’environ cinq kilomètres carrés, dont la majeure partie se trouvait au plus profond des marais, un labyrinthe de tourbières encerclées de broussailles et de cyprès couverts de mousse. D’après leurs études, cette zone, qui se trouvait en milieu sec dans les années 1820, abritait à l’époque l’une des cachettes de Martha Cannon, une cabane délabrée.
Afficher en entierCannon fonda ce que des historiens locaux appelèrent plus tard le « chemin de fer souterrain[1] à l’envers » en kidnappant des esclaves du Sud libérés et en les emprisonnant, ligotés et bâillonnés, dans les pièces secrètes de l’auberge ou dans des oubliettes creusées dans la terre. Elle les emmenait ensuite clandestinement, en pleine nuit, à Cannon’s Ferry. Là, ils étaient vendus et chargés à bord de bateaux qui redescendaient la rivière Nanticoke pour se rendre aux marchés aux esclaves de Géorgie.
Afficher en entierGrands marais de la rivière Pocomoke,
Maryland, de nos jours.
Sam Fargo quitta sa position accroupie et lança un regard vers sa femme, qui était debout, couverte de boue noire jusqu’à la taille. Ses hautes cuissardes jaunes formaient un contraste séduisant avec ses cheveux auburn lustrés. Elle sentit son regard, se tourna vers lui, pinça les lèvres et écarta d’un souffle une mèche de cheveux de sa joue.
Afficher en entierLe passage s’allongeait encore sur cinq ou six mètres en se rétrécissant, et les trois hommes durent bientôt avancer courbés. Soudain, le tunnel s’élargit et Bonaparte se retrouva debout dans une caverne. Laurent et Pelletier, qui le précédaient, s’écartèrent pour lui laisser le passage, puis levèrent leurs lanternes, qui projetèrent une lueur vacillante sur les parois.
Afficher en entierBonaparte dormit cinq heures, conformément à son habitude, et se leva à six heures, bien avant l’aube. Il prit son petit déjeuner, puis lut en buvant un thé noir les dépêches apportées au cours de la nuit par les commandants de ses demi-brigades de ligne. Laurent arriva peu avant sept heures avec son escouade, et ils se mirent en route vers la vallée.
Afficher en entierUn groupe de douze cavaliers émergea de la neige tourbillonnante. C’étaient de fiers soldats, les meilleurs dont il disposait, tout comme leur commandant. Tous, sans exception, se tenaient droit, le menton haut. Le général de division Laurent fit ralentir le trot de son cheval en arrivant vers Bonaparte, qu’il salua avant de mettre pied à terre. Bonaparte l’étreignit, puis fit un pas en arrière et attira d’un geste l’attention de Constant. Le valet se précipita et tendit une bouteille de cognac à l’officier. Laurent en prit une gorgée, puis une seconde, avant de lui rendre la bouteille.
Afficher en entierUn an plus tôt, alors que lui et son armée se lançaient à la conquête de l’Égypte, les impudents Autrichiens s’étaient attaqués à la République cisalpine qu’ils avaient pourtant reconnue lors de la signature du traité de Campo Formio. Mais leur victoire serait de courte durée. Comment pourraient-ils s’attendre à une attaque menée aussi tôt dans l’année, ou s’imaginer qu’une armée puisse traverser les Alpes l’hiver à peine terminé ? Ils avaient d’ailleurs de bonnes raisons de ne pas se méfier.
Afficher en entierEn France, Napoléon préférait le titre de Premier Consul, mais en campagne, il se faisait appeler « général ». Il prit une grande inspiration, enfonça un peu plus son bicorne bleu sur son crâne et leva les yeux vers les flèches de granit qui dominaient la scène.
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