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Tout d'abord : il ne s'agit pas d'un essai ou d'un récit de voyage, mais d'une interview de Virgil Tanase par Blandine Tézé-Delafon un peu après la révolution roumaine de 1989. Tanase a la nationalité française, ses enfants ne parlent que français et on trouve plus facilement ses livres en France qu'en Roumanie.
Cela ressemble à ses autres livres : très touffu, parfois confus, alternance de registres de langue (très familier, puis presque soutenu, orthographe et langue parfois approximatives), volonté de sortir des sentiers battus, jugements sur toutes sortes de sujets, parfois à l'emporte-pièce et, comme il le reconnaît, il faut payer ce foutu loyer !
Ceci étant, on apprend des choses en lisant ce livre : le fonctionnement du Fonds littéraire roumain (je ne l'ai trouvé nulle part ailleurs), des noms d'écrivains comme Leonid Dimov ou Emil Brumaru, rarement cités ailleurs, une vision lucide et honnête du statut d'écrivain dans un régime totalitaire avec à l'appui le récit, avec simplicité, de comment on était obligatoirement adhérent aux jeunesses communistes, voire obligatoirement un informateur de la Securitate, l'évocation aussi de ceux qui, en désaccord, ont dû s'éclipser jusqu'à leur décès (Lucian Blaga, George Bacovia).
Intéressant malgré tout.
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