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— Je… euh… Clay me raccompagnait à la porte.
— Vous vous êtes disputés ? s’enquit sa mère après avoir siroté une gorgée de sa boisson.
Annabelle esquissa un sourire et s’avança vers le comptoir.
— Rien de grave…
— Qu’est-ce qui a bien pu arriver à ta robe ? s’étonna sa mère en plissant les yeux.
— Je suis tombée sur le sentier entre la maison des Castleberry et ici.
Belle se leva sur-le-champ, dans un élan d’alerte maternelle.
— T’es-tu fait mal ?
— Non, la rassura rapidement Annabelle en se penchant pour dénouer ses sandales argentées. J’ai simplement été humiliée devant monsieur « perfection ».
Dans tous les sens du terme.
— Oh ! s’exclama sa mère en contournant le comptoir, un sourire aux lèvres. Alors c’est pour cela que tu étais tant sur la défensive. Est-ce que vous vous êtes tous deux comportés de façon suffisamment courtoise pour profiter d’un bon dîner ?
Annabelle hocha la tête, désirant changer de sujet au plus vite.
— Martin m’a dit que tu voulais te coucher tôt… Tu ne te sens pas bien ?
— Je suis épuisée par toute cette excitation, j’imagine. Mais je n’ai pas réussi à m’endormir, avoua
Belle en levant sa tasse. Je me suis dit qu’un petit lait chaud ne pourrait pas me faire de mal. Il en reste encore dans la casserole, en veux-tu ?
Annabelle ébaucha un sourire, puis ouvrit un placard de la cuisine. Ses doigts passèrent sur la tasse à café préférée de son père, un mug noir sur lequel était inscrit « L’amour, c’est l’éternité d’une vie à deux ». Considérant cette coïncidence comme un signe, elle sortit le mug et le tendit à Belle pour qu’elle la serve. Sa mère eut un instant d’hésitation quand elle vit la tasse, mais elle y versa le lait chaud sans rien dire.
— Vanille ?
Annabelle acquiesça, rassurée de rentrer dans ce rituel familier où sa mère ajoutait quelques gouttes de vanille dans le mug.
— Comme au bon vieux temps, murmura la jeune femme.
Un sourire tendre traversa le visage de Belle, puis elle décocha un clin d’œil à sa fille.
— Sauf que maintenant j’utilise du lait écrémé. Ton père le voulait toujours entier.
Annabelle retint ses larmes en avalant la première gorgée de son lait aromatisé.
— Pourtant, ses petites manies n’ont jamais eu l’air de t’embêter.
— Ton père se sentait aimé lorsqu’on prenait soin de lui.
— Tu prenais si bien soin de nous, maman…
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