Ajouter un extrait
Liste des extraits
Ce qui caractérise aujourd’hui la terre de France, c’est un mal-être qui traverse toute la société, celle des héritiers, celle des arrivants. Il y a deux peuples côte à côte, livrés tous deux à la souffrance intime : un peuple neuf qui sait d’où il vient mais qui ne sait rien de l’endroit où il arrive. Tenté de prendre en haine les nouveaux pénates, le chez-soi-chez-les-autres. Et un peuple exténué qui, cédant à la répudiation de l’héritage, se met à détester sa propre maison.
Afficher en entierMon ami Boualem Sansal m’a un jour repris : « Il n’y aura pas de choc de civilisations car la vôtre va se coucher. »
Afficher en entierL’euro numérique nous sort de l’ancien monde. Il n’y aura plus d’argent, au sens monétaire des pièces et des billets. Nous passons à un système d’algorithme conditionnant toute notre vie mais déguisé en monnaie. Chaque euro sera traçable, révocable, conditionnel. Votre Argent sera un agent, un agent de renseignement, il connaîtra votre score de crédit social. Il pourra évoluer si vous êtes un « bon citoyen » de la « bonne société » ou un « déviant ». Il décidera pour vous ce que vous pouvez acheter, où, quand, à qui. Votre Argent refusera de payer dans certains lieux, selon votre profil. Impossible d’acheter de la viande ou du carburant si votre score écologique est trop bas. Vos horaires de dépenses seront programmés selon votre « vertu civique ». Interdiction de transférer de l’argent à des personnes mal notées. S’il vous prend l’envie d’aider votre voisin que l’algorithme a classé « récalcitrant », votre euro numérique refusera le transfert. Si vous tentez d’acheter un livre jugé « problématique » ou « controversé »…, votre portefeuille digital vous opposera une fin de non-recevoir. N’essayez pas de payer comptant… Il n’y a plus de comptant. Ni d’ailleurs de mécontents… Nous n’aurons plus le choix de nos vies. Juste des choix de survie sous surveillance.
Afficher en entierLe discours officiel nous parle de « Modernisation, d’Inclusion, d’Efficacité, de Sécurité », les quatre cavaliers de l’apocalypse post-démocratique. Chaque fois qu’on nous promet l’efficacité, on nous retire des libertés. Chaque fois qu’on nous garantit la sécurité, on nous vole notre intimité. Chaque fois qu’on nous vante l’inclusion, on nous impose l’exclusion de ceux qui ne sont pas identifiables à l’Autre. Dans tous les cas, le peuple en ressort plus pauvre et moins libre.
Afficher en entierPlus grave encore, le Covid aura installé la société du contrôle mutuel : on ne serre plus la main de son voisin mais on le guette, on le dénonce : « M’sieur l’agent, le gars du troisième étage est sorti sans son Ausweis. » Le virus aura initié tous les « asymptomatiques » à une nouvelle forme de citoyenneté vertueuse, le civisme délateur. Chacun vérifie que, sur le palier d’en face, on respecte bien la recommandation d’« éternuer dans son coude ». La délation du morveux… On prépare une société composée de mouchards.
Afficher en entierOn n’ose plus transmettre. On n’apprend plus rien. On n’apprend plus à aimer la France. Elle est passée à la trappe. Il y a le récit autorisé et le récit interdit. Les élites mondialisées n’osent plus parler du creuset français.
Isoler l’école de la société relève de la candeur des imbéciles. Il est impossible d’imaginer, côte à côte, une société qui perd ses repères et une école qui les redonne, parce que l’école est le miroir prémonitoire de la société en devenir.
Afficher en entierLes historiens expliquent l’effondrement du régime wisigothique par la collaboration active du comte Julian et de ses amis avec l’ennemi qui guette sa proie.
[...]
Face à la vitalité d’un islam fort et conquérant, l’affaissement moral de la société wisigothique accélère le désastre. Le royaume, miné de l’intérieur par les luttes internes, est menacé de l’extérieur par les incursions arabo-berbères. Le pouvoir central est faible, trop faible.
[...]
En moins de cinq ans, les assaillants s’emparent de Cordoue, de Saragosse et, bientôt, renversent la monarchie wisigothique. Ils établissent alors l’émirat de Cordoue, qui deviendra plus tard le califat. La péninsule ibérique passe sous le contrôle des musulmans. Tolède change de nom et s’appellera désormais Tulaytulah. Un symbole. On efface le passé. À croyance nouvelle, toponymie nouvelle.
Et là, il se passe quelque chose qui doit nous mettre en éveil et ne manque pas d’étonner les historiens : beaucoup de Tolédans basculent dans une sorte de fascination exotique de l’arrivant.
[...]
On est dans le « dialogue interreligieux » mais c’est bientôt la religion la plus forte qui gagne.
[...]
Les cloches sont contraintes à la discrétion. Beaucoup d’entre elles sont descendues pour être fondues.
[...]
À travers le drame de Tolède, tombée comme un fruit mûr en quelques années, on peut lire en transparence notre propre destin.
[...]
La laïcité d’État nous prépare à embrasser son exact contraire, l’intégrisme coranique, car la soif de transcendance cherche son asile et le trouve plus souvent là où la foi est ardente et contagieuse.
[...]
On nous endort, on nous ment, on nous prépare doucement au califat et au statut de dhimmi. Pour nous rassurer, on réinvente l’histoire pour qu’elle soit plus présentable. Le paradis diversitaire est devant nous !
[...]
« Al Andalus », c’est le mythe d’une période bénie, le mythe de la « coexistence harmonieuse des trois religions, juive, chrétienne et musulmane », naturellement sous la férule bienveillante de l’islam.
Lors de son voyage d’État au Maroc, Emmanuel Macron a enfourché le cheval de Tariq, il a vanté les mérites de la colonisation musulmane : « Les années d’Al Andalus ont fait de l’Espagne et du sud de la France un terreau d’échange avec votre culture. » Pour lui, la colonisation française fut « un crime contre l’humanité », mais la colonisation arabo-musulmane de l’Espagne fut un bienfait humanitaire. Les études scientifiques les plus récentes ont réduit en miettes ce mythe des « trois cultures » qui auraient vécu en bonne intelligence et dans l’harmonie.
[...]
La réalité est bien différente. Le djihad fut de tous les instants ; ce fut une conquête sanglante et impitoyable. La Reconquista devait durer sept siècles.
[...]
Pendant les sept cents ans d’occupation, on ne trouve pas trace du « vivre-ensemble ». C’est plutôt l’apartheid. Les Arabo-Berbères imposent leur loi, leur style, leur architecture mozarabe. Ils garantissent une inégalité structurelle, l’interdiction de construire églises ou synagogues, ils appliquent un statut de « demi-citoyens » pour les non-musulmans, une ceinture jaune pour les Juifs, un impôt spécial pour les « non-croyants », la jizya.
Le légendaire officiel du bonheur à trois, à l’abri du Coran, relève d’un passé fantasmé, d’une réécriture de l’histoire, par des scribes militants qui ont oublié – excusez du peu – la lapidation, l’esclavage, la castration, les razzias, les pogroms…
Aujourd’hui, le mythe de Al-Andalus est brandi comme un signe de ralliement pour les militants du djihad en terre du Dar-al-Harb. Un vecteur de propagande pour les mouvements djihadistes dont l’un s’appelle d’ailleurs « Al-Andalus ».
[...]
Le discours d’Emmanuel Macron sur les apports bénéfiques de Al-Andalus était un geste de politique intérieure. C’était un message subliminal adressé à tous les musulmans de France : « La colonisation islamique est un terreau d’échanges bénéfiques. » Macron a acté la transmutation de la France. Pour lui comme pour d’autres politiciens, Al-Andalus est notre destin. C’est trop tard…
On sait maintenant que, lorsque la oumma s’installe, il faut en moyenne sept siècles pour la dégager.
[...]
Il arrive donc que les peuples gagnent, qu’ils retrouvent leur liberté, qu’ils résistent. Quand ils n’ont pas oublié d’où ils viennent.
¦
Chapitre : Comment les élites tolédanes basculent dans la fascination de l'occupant (pg 73-80)
Afficher en entierLe mot de l’historien grec Polybe aurait dû être sujet à méditation : aucune civilisation ne cède à une agression extérieure si elle n’a pas d’abord développé un mal qui l’a rongée de l’intérieur. Rome s’est effondrée simultanément de l’extérieur et de l’intérieur. Tout a cédé en même temps. La dilution de la citoyenneté et l’accueil des fédérés-barbares ont scellé la désagrégation politique et culturelle de l’Empire d’Occident.
Afficher en entierLa portée métaphorique du « Vœu du Faisan » tient à la suite de cette soirée qui engage les plus nobles caparaçons de l’honneur français. Le « Vœu du Faisan » constitue un événement symbolique de l’histoire européenne du xve siècle, en manifestant l’impuissance de l’Europe chrétienne face à l’expansion ottomane. Car c’est la première fois, dans l’histoire de la chevalerie, qu’un serment ne sera pas tenu. Le « Vœu du Faisan » restera un vœu pieu. La parole donnée n’est plus respectée. Peut-être que, ce soir-là, autour de l’oiseau symbolique, sans le savoir, l’Occident entre en rémission avant la lente agonie.
Afficher en entierAprès le 31 mai – la soirée du foot et du grand casse décolonial –, il y a eu le 21 juin – la soirée de la musique et du cloud rap recolonial – un melting-pot difforme et monstrueux. De mémoire de festivographe, on n’avait jamais vu une telle promiscuité d’îlots dissonants, un tel déversoir de vomissures sonores. On semblait revenu au temps de l’acoustique beuglante de l’homme des cavernes surgissant des profondeurs de la terre sous les traits d’un anthropoïde qui se pourlèche et laisse échapper des grognements en ligne directe avec l’intestin grêle. Quand la musique officielle éructe, c’est le signe qu’on a fait le choix d’asservir le peuple à la discordance. Les sons rentrent par les pores transpirants et ressortent par la sudation dégoulinante du corps dégingandé.
Afficher en entier
