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Les extraits appréciés par Raminagrobis

Elle trouva Honorine grimpée sur un petit coffre qu'elle avait poussé sous la fontaine murale et occupée à remplir d'eau un gobelet d'étain.

Angélique arriva au moment où les petites mains ne savaient trop comment se dissocier pour arrêter le filet d'eau et maintenir droit le récipient débordant. Elle retint celui-ci et ferma le robinet.

– Tu avais soif, ma chérie ? Tu aurais dû m'appeler.

– C'est pour toi, fit Honorine en lui tendant le gobelet à deux mains. Tu dois boire de l'eau pour que les anges descendent sur toi. C'est Mopountook qui l'a dit !

– Mopountook ?

– Mopountook, le chef des Métallaks. Tu sais bien ! Il t'a appris à boire de l'eau dans cette promenade où tu ne m'avais pas emmenée...

C'était un souvenir un peu vague mais déjà lointain, des premiers jours de Wapassou, mais Honorine, ce presque bébé d'alors, qui voyait tout, n'oubliait rien, devait être comme les chats. Pour elle, le temps n'existait pas... Elle pouvait se retrouver de plain-pied dans une situation qui avait frappé son imagination, abolissant mois et années écoulés, comme si tout se fût passé la veille.

– Il a dit que l'eau est lourde et qu'elle aide les anges à descendre vers nous.

Avait-il vraiment dit cela ? Angélique rassembla ses souvenirs.

Mopountook avait dû parler plutôt d'esprits que d'anges. À moins qu'il ne fût un Indien baptisé par les missionnaires de Québec. Honorine insistait.

– L'eau aide les anges à descendre vers nous et le feu nous aide à monter vers eux. Il l'a dit. C'est pourquoi ils brûlent les gens pour qu'ils montent au ciel.

Qu'avait-elle saisi des discours de l'Indien ?

– Je te crois, fit Angélique en souriant.

Honorine connaissait de Wapassou beaucoup plus de choses qu'elle et il n'était pas étonnant que son intuition enfantine perçoive derrière les discours des Indiens, plus clairement que les adultes, leurs intentions et leurs croyances.

– Un jour j'essaierai, affirma Honorine avec componction.

– Quoi donc ?

– Le feu, pour monter !

Angélique, qui élevait le gobelet vers ses lèvres, suspendit son geste.

– Non, je t'en prie ! Le feu est plus dangereux que l'eau.

– Alors, bois !

Angélique but sous le regard attentif de sa fille. Maintenant, elle se souvenait de la piété de Mopountook vis-à-vis des sources. Il y attachait une grande importance et l'avait entraînée à marcher une journée entière et à boire à plusieurs reprises, en différents lieux, répétant qu'il fallait attirer la protection des esprits sur elle et Wapassou.

L'eau ! Les pouvoirs de l'eau pure ! Elle n'avait jamais réfléchi à l'instinct atavique qui menait les paysans de son Poitou natal vers certaines sources de la forêt.

Mais l'eau qui stagnait dans la fontaine de faïence de Mrs Cranmer n'avait peut-être pas les mêmes qualités et pouvoirs, en tout cas elle était exécrable. Les servantes ne devaient pas prendre souvent la peine de nettoyer l'intérieur du récipient.

Angélique retint une grimace qui n'échappa pas à l'oeil soupçonneux d'Honorine.

– Je vais aller te chercher de l'eau du puits, décida-t-elle en dégringolant prestement de son coffre.

Angélique n'eut que le temps de la retenir au bord de l'escalier.

Elle l'imaginait déjà, penchée sur la margelle, préoccupée de lui remonter un seau d'eau bien claire. Elle multiplia protestations et assurances qu'elle n'avait besoin de rien afin de la faire renoncer à son projet.

– Tu vois, j'ai bu. Et maintenant, je le sens, les anges vont descendre et me protégeront.

Attendrie, elle prenait entre ses paumes la ronde frimousse de l'enfant pour mieux la contempler.

– Chère petite créature, murmura-t-elle. Comme tu es bonne pour moi et comme je t'aime !

Quelqu'un rentrait enfin et un bruit de bottes résonna sur les dalles du vestibule.

Cette fois Honorine s'échappa. Elle avait reconnu son père, le comte de Peyrac. Les bras autour de son cou, elle lui chuchota :

– Ma mère est triste et je ne peux pas la consoler.

– Je vais arranger cela, lui promit Joffrey de Peyrac sur le même ton de connivence.

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Une lueur proche de la panique s’alluma dans les yeux de l’homme brun mais, avant qu’il pût protester, Ayla lui prit la main. Se penchant vers Loup, elle passa un bras autour du cou de l’animal pour faire taire un grognement naissant : si elle-même percevait la peur de Joharran, cette crainte n’avait pu échapper au loup

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— As-tu déjà touché la fourrure d’un loup vivant ? demanda Ayla en levant les yeux vers Joharran. Tu remarqueras qu’elle est grossière, dit-elle en enfonçant les doigts du frère de Jondalar dans les poils emmêlés du cou. Il est encore en train de faire sa mue, et cela le démange. Il adore qu’on le gratte derrière les oreilles, continua-t-elle en lui montrant comment faire. Joharran sentit le pelage mais plus encore la chaleur de l’animal et se rappela tout à coup que c’était un loup vivant. Et pourtant, cet animal se laissait volontiers toucher. Ayla observa que la main de Joharran n’était pas trop raide et qu’il essayait vraiment de gratter Loup à l’endroit indiqué

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Elle savait que le mot « caverne » ne désignait pas un lieu mais le groupe qui y vivait, mais ce qu’elle voyait n’était pas une caverne comme elle l’imaginait. Une caverne, pour elle, c’était une cavité ou une série de cavités, dans une paroi rocheuse ou une falaise, ou encore sous terre, avec une ouverture sur l’extérieur. L’espace de vie de ces Zelandonii s’étendait sous une énorme saillie qui avançait à partir de la falaise calcaire. C’était un abri protégeant de la pluie et de la neige mais ouvert à la lumière du jour

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Jondalar entraîna Ayla vers la femme mûre qu’elle avait vue du bas du sentier. De haute taille et d’un port plein de dignité, elle les attendait patiemment. Ses cheveux, plus gris que châtains, étaient tressés en une longue natte enroulée derrière sa tête. Ses yeux au regard direct étaient gris, eux aussi. Quand ils furent devant elle, Jondalar entama les présentations rituelles 

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En regardant plus attentivement, Ayla découvrit que ce qu’elle avait d’abord pris pour un fouillis bigarré se divisait en parties consacrées à des tâches différentes, les parties voisines étant souvent allouées à des tâches du même ordre. L’impression initiale de désordre et de confusion n’était due qu’au grand nombre d’activités qu’on y menait

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Sur un autre cadre vertical, on avait tendu un grand nombre de cordes minces, qui dessinaient un motif avec les cordes qu’on glissait horizontalement entre elles. Ayla eut envie de s’approcher pour regarder, elle n’avait jamais rien vu de tel. Ailleurs, on fabriquait divers objets – louches, cuillères, bois, armes – avec des morceaux de bois, de pierre, d’os, d’andouiller et de défense de mammouth. La plupart étaient gravés et ornés parfois de décorations peintes. Il y avait aussi de petites sculptures qui semblaient n’avoir aucune utilité. On les avait façonnées pour elles-mêmes, ou pour quelque usage qu’Ayla ignorait

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Toute cette foule rappela à Ayla la fois où, avec le clan de Brun, elle s’était avancée parmi les clans réunis ; et elle sentit une multitude d’yeux sur elle. Elle remarqua que tous regardaient ouvertement Marthona conduire Jondalar, une jeune femme et un loup à son foyer, et qu’aucun ne baissait ou ne détournait les yeux. Elle se demanda si elle s’habituerait à vivre avec tous ces gens autour d’elle, tout le temps ; elle se demanda même si elle en avait envie

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Les membres de la Caverne étaient tellement habitués à la voir assise là qu’ils ne la remarquaient presque plus, malgré sa présence imposante. Elle en profitait sans scrupules. Chef spirituel de la Neuvième Caverne des Zelandonii, elle s’estimait responsable du bien-être de son peuple et pour remplir son devoir avait recours à tous les moyens que son cerveau ingénieux pouvait concevoir

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Zelandoni se leva, s’approcha de la construction, l’une des nombreuses demeures de diverses tailles éparpillées dans l’abri. Devant le rabat qui séparait l’habitation privée de l’espace commun, elle tapota une plaque de cuir brut, entendit un bruit de pas étouffé par des chausses. Le grand homme blond d’une beauté stupéfiante écarta le rideau. Ses yeux bleus parurent surpris puis étincelèrent de plaisir

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